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vendredi 15 août 2014

RD Congo : Du sang congolais sur le Canada ?


RD Congo : Du sang congolais sur le Canada ?

par MUSAVULI 
mardi 8 avril 2014

Retour sur « Le Canada dans les guerres en Afrique centrale – Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par le Rwanda interposé » de l’analyste politique Patrick Mbeko. Un ouvrage qui apporte un éclairage particulièrement précieux sur les dessous des interminables conflits qui déchirent le cœur de l’Afrique (le Rwanda, la République Démocratique du Congo, l’Ouganda et le Burundi) avec en arrière-fond, un pays insoupçonnable : le Canada. Préfacé par le journaliste d’investigation Keith Harmon Snow et postfacé par l’avocat auprès du Tribunal Pénal International pour le Rwanda, Christopher Black, l’ouvrage ouvre une lorgnette sur tout ce qu’il y a de sombre au plus profond de nos respectables « sociétés démocratiques », dirigées par des personnalités au-dessus du soupçon, en apparence, mais, pour certaines d’elles, terriblement « infâmes » - et le mot est assez faible à la lumière des faits révélés. L’enjeu est l’accaparement des gisements miniers d’un pays : la République Démocratique du Congo. Et on ne reculera devant aucun excès dans l'horreur.


En effet, lorsqu’on réfléchit sur le bilan apocalyptique de six millions des Congolais morts du fait des guerres d’agression dont le pays est l’objet, depuis 1996, l’horreur des centaines de milliers des femmes violées rassemblées autour de l’Hôpital de Panzi(Bukavu) que dirige le Docteur Denis Mukwege, la détresse des trois millions de déplacés de guerre,… le pillage des régions entières de l’Est du Congo,… il y a au moins un nom qui ne viendrait pas tout de suite à l’esprit : « le Canada ».
Ce pays si doux, habité par un peuple aimable et hospitalier, ne peut, a priori, aucunement être mêlé à ces atrocités sans nom… Et pourtant…« Le Canada dans les guerres en Afrique centrale », de Patrick Mbeko, qui fait échos à« Noir Canada » ; d’Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, révèle l'implication économique et politique d’Ottawa dans des pays africains où perdurent des conflits armés depuis plusieurs années. Les Canadiens seraient« intrinsèquement bons » et capables uniquement du bien. Une mystification à laquelle Patrick Mbeko et les trois auteurs avant lui, s’attaquent avec des révélations qui ne laissent personne indifférent.
L’ouvrage commence par un évènement historique qui continue de hanter les esprits au Congo, depuis un demi-siècle : l’assassinat de Patrice Lumumba. C’est en effet un officier canadien, le lieutenant-colonel Jean André Berthiaume, qui, en décembre 1960, fournit à Mobutu les renseignements permettant de localiser puis de capturer Lumumba. Le leader congolais avait réussi à s’exfiltrer de Kinshasa et tentait de rejoindre son bastion de Stanleyville (actuelle ville de Kisangani). Il est atrocement maltraité puis assassiné au Katanga le 17 janvier 1961.
L’auteur revient ensuite longuement sur l’instrumentalisation des conflits interethniques entre Hutus et Tutsis au Rwanda, l’histoire de l’implantation des populations rwandophones dans l’Est du Congo et décrit la genèse de la guerre du Rwanda. Cette guerre était, finalement, la première étape d’un projet plus global de bouleversements géopolitiques en Afrique dans la foulée de la fin de la Guerre Froide. Dans le collimateur des puissances anglo-saxonnes, la France et le Zaïre qui découvrent trop tard qu’ils ont affaire à une solide alliance militaire à laquelle le Canada s’est associé aux côtés des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d’Israël. 
Le Canada est a priori insoupçonnable. Il n’a pas la réputation d’être une puissance militaire agressive. Il n’a pas d’histoire coloniale en Afrique. Il est bilingue (francophone et anglophone). Le profil idéal pour passer quasiment inaperçu là où les autres puissances comme les Etats-Unis ou la France se feraient facilement remarquer. Et il va en profiter à fond.
Dès les années 1990, des agents canadiens prennent une part active aux guerres secrètes qui sous-tendent les vagues des violences dont les populations du Congo et du Rwanda n’arrivent toujours pas à se remettre. Au plus fort de la guerre du Rwanda, on remarquera la présence dans le pays des JTF2 (Joint Task Force - Forces spéciales canadiennes), une unité ultrasecrète de l'armée canadienne spécialisée dans les opérations clandestines. Le sort des Rwandais était scellé. La « coalition » était déterminée à prendre le pouvoir à Kigali par les armes, seule façon de se projeter, deux années plus tard, à la conquête du Zaïre et de mener les bataillons tutsis jusque dans les rues de Kinshasa, à plus de deux mille kilomètre des frontières rwandaises.
Mais pourquoi le Pays de l’Erable est-il à ce point impliqué dans ces conflits particulièrement meurtriers ?
La réponse coule de l’évidence, mais encore fallait-il apporter un éclairage. En effet, le Congo est mondialement réputé pour ses immenses richesses minières. Dès 1892, le pays fut qualifié de« scandale géologique » par le géologue belge Jules Cornet en raison, non seulement de l’immensité des réserves minières (cuivre, cobalt, diamant, or,…) mais aussi de la grande diversité des minerais dont on continue de découvrir les gisements (cas des mines de coltan révélées au déclenchement de la Première Guerre du Congo).
Or, le Canada abrite la plus grande bourse minière du monde. Plus de la moitié des investissements miniers dans le monde, se font à partir du marché canadien. En 2005, 85% du financement par action des entreprises minières dans le monde se seraient effectués dans une place boursière canadienne. Le gouvernement du Canada avance lui-même que 75% des sociétés minières mondiales sont chez lui. La majorité d'entre elles sont enregistrées à Toronto, la bourse mondiale de mines.
Le Congo et le Canada sont, de ce fait, deux nations qui ne pouvaient que se croiser l’une sur le chemin de l’autre. Mais cette rencontre sera atroce.
Ainsi les compagnies minières du Canada n'ont pas hésité à utiliser la violence, pour obtenir les droits d'exploitation des mines. Dans la région des Grands Lacs africains, c'est une histoire d'horreur sans précédent dans laquelle les dirigeants canadiens sont impliqués jusqu’au cou. Depuis plus d'une décennie, Ottawa soutient un des régimes les plus effroyables de la planète : le régime de Kigali, qui mène des guerres sanglantes dans l’Est du Congo.
L’auteur décrypte les mécanismes ayant permis de mettre ces crimes à l'abri de toute critique : une terrible propagande absolument réussie, de la désinformation et un terrorisme intellectuel qui a fini par « museler » bien des gens à travers le monde. La France, cible privilégiée du pouvoir rwandais, sera inlassablement accusée d’avoir pris part au génocide et mise systématiquement sur la défensive.
Opération quasiment réussie puisque, pendant ce temps, on ne parle pas des populations congolaises massacrées, des femmes violées dans l’Est du Congo et du pillage des ressources minières du Congo grâce auquel le Rwanda prospère économiquement et apparait, aux yeux d’une communauté internationale complice, comme un modèle de développement.
« Comment expliquer que, depuis 1994, les médias du monde entier ne cessent de marteler qu'il y a eu un génocide de 800.000 tutsis au Rwanda alors qu'un groupe d'extrémistes tutsis a déjà exterminé depuis cette date des centaines de milliers de Rwandais et aujourd'hui plus de 6 millions de Congolais ? » s'est indigné, dans l’ouvrage, le journaliste d'investigation Charles Onana.
Toujours dans l’ouvrage, le New York Times, sous la plume de Nicholas D. Kristol ajoute :« Pourtant, à ce jour, la guerre dans l'Est du Congo a non seulement duré plus longtemps que l'Holocauste, mais elle a été plus meurtrière, avec un bilan estimé à 6,9 millions de morts. Et que faisons-nous ? »
Indignée également, la congressiste américaine Cynthia Mc Kinney, qui ajoute : « Je ne comprends pas pourquoi l'Armée patriotique rwandaise (APR) massacre, pille et viole les femmes en RD Congo sans que personne s'en émeuve. Je ne comprends pas le silence de la communauté internationale à l'égard des crimes abominables perpétrés par Kagame et ses hommes. »
L’auteur revient avec de troublantes révélations sur le rôle de plusieurs personnalités canadiennes ayant servi dans la région (le général Roméo Dallaire, la Procureure du TPIR Louise Arbour, l'ancien Premier ministre canadien Joe Clark, le lieutenant-général Maurice Baril,…). Il décrit de façon pertinente les travers des missions internationales de maintien de la paix et les dérives de la justice internationale. Parlant d’un véritable « Apartheid judiciaire » dont les Congolais sont victimes, Patrick Mbeko remet en question tout le système de la justice internationale qui, finalement, repose, à l’état actuel des choses, sur une logique mêlant cynisme et manichéisme. D’un côté « les bons » qui échappent à la sanction pénale, quelle que soit la gravité de leurs crimes, et, de l’autre, « les méchants » qui, au moindre éternuement, se retrouvent à la Cour Pénale Internationale.
L’ouvrage s’adresse directement à la conscience des Canadiens dont les gouvernements soutiennent coûte que coûte ses sociétés minières à l'étranger, prétextant « défendre le bien public ». L'épargne des Canadiens (fonds de retraite et de capitalisation) est, en effet, étalonnée sur les cours de l’industrie extractive responsable de violences en Afrique. Ce droit au confort dont jouissent les Canadiens a ainsi un coût humain sans précédent qu’un peuple, victime de ses richesses minières, subit à des milliers de kilomètres du Canada.
Boniface MUSAVULI

RD Congo : Un pays encerclé militairement ?


RD Congo : Un pays encerclé militairement ?

par MUSAVULI 
samedi 26 avril 2014

Les malheurs qui s’abattent sur les Congolais sont souvent précédés d’une série d’évènements auxquels l’opinion nationale et les autorités ne prêtent pas attention. Ce qui se passe en Centrafrique depuis un an, et pire encore depuis janvier dernier, devrait préoccuper les dirigeants congolais au plus haut point. La présence des troupes rwandaises à Bangui, acheminées à bord d’avions militaires américains, et l’importance du rôle qu’elles ont rapidement acquis dans le pays, confirment une inquiétude qui se lisait dans un article de Colette Braeckman de mars 2013. La chute du Président Bozizé, un allié de la RDC et de l’Afrique du Sud, a pu être orchestrée par Kigali. 
On s’est longtemps demandé quel intérêt Kigali avait dans la déstabilisation d’un pays aussi éloigné de ses frontières. On n’est plus loin de la réponse dont on se doutait.

Le Congo pour cible
Avec le départ de François Bozizé, toute la frontière nord de la RD Congo, longue de 1.577 km et couvrant deux provinces de la taille de la France[1], se trouvait dégarnie[2]. Plusieurs indices avaient trahi la main cachée du Rwanda pendant la conquête du pays par la Séléka, du Nord au Sud, jusqu’à l’assaut final sur la capitale Bangui malgré la résistance de l’armée sud-africaine.Treize soldats sud-africains avaient été tués durant les combats[3].
Contrairement à l’image des soudards qu’ils ont donnée une fois à Bangui, les hommes de la Séléka, durant la conquête du pays, étaient disciplinés, bien équipés et bien encadrés, ce qui trahissait la main cachée d’une puissance étrangère. Ils « descendaient de la province soudanaise du Darfour où se trouve déployé un contingent rwandais ». Colette Braeckman fit remarquer que« Sur le plan militaire tout au moins, (les combattants de la Séléka) avaient peut-être bénéficié des conseils des stratèges du M23 »Les possibles liens entre la Seleka et les dirigeants rwandais avaient été ébruités au détour d’une maladroite allusion de Jean-Marie Runiga[4], l’ancien président du M23.
Un an plus tard, les agents rwandais, parrains du M23, ont discrètement, mais pratiquement, pris le contrôle de la Centrafrique sous couvert de la Misca (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique). Si bien qu’ils peuvent impunément se livrer à des actes aussi graves que les assassinats des réfugiés rwandais qui vivaient en paix dans ce pays, semant, selon jambonews.net, la terreur dans la communauté rwandaise de Bangui[5]. Pour l’anecdote, au sujet de l’importance que le contingent rwandais de la Misca a prise en Centrafrique, la Présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza est aujourd’hui sous la protection des soldats rwandais. A Kinshasa, les autorités, depuis les guerres de l’AFDL, du RCD, du CNDP et du M23, savent mieux que quiconque ce que signifie « être sous la protection des soldats rwandais ».
SOS Province de l’Equateur ?
Ainsi la numéro un d’un pays aussi important, pour la sécurité du Congo, comme la Centrafrique devient-elle, comme certains dirigeants congolais à une certaine époque, une obligée du régime de Kagamé. Et la capitale de son pays se trouve juste sur l’autre rive de la rivière Ubangui, en face de la ville congolaise de Zongo, Province de l’Equateur.
Cette région du Nord-Est du Congo n’a jamais été aussi proche de subir le même sort que la région du Kivu où les « gens qui assurent la sécurité de la Présidente centrafricaine » ont causé la mort de six millions de Congolais. La relative paix qui régnait exceptionnellement dans cette partie du pays pourrait bientôt ne devenir que du passé. D’autant plus que les ingrédients de la déstabilisation sont tout à fait réunis.
En effet, dans cette province, parfois considérée comme la plus riche du Congo, on assiste à une accumulation des frustrations politiques[6] depuis la chute du Président Mobutu, natif de la région. Par ailleurs, en dépit de ses immenses richesses, forestières notamment, la Province de l’Equateur bat des records en matière de pauvreté (93% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté[7])« En dépit de ses immenses richesses »… On a déjà entendu cette phrase un jour, quelque part… La République Démocratique du Congo se retrouve ainsi avec plusieurs voisins potentiellement dangereux, voire carrément menaçants, sur ses frontières : le Rwanda, bien évidemment (217 km), l’Ouganda (765 km), le Burundi (233 km), le Sud-Soudan (allié de Kampala et Kigali) (628 km) et maintenant la République Centrafricaine (1.577 km). Soit 3.420 km des frontières à surveiller rigoureusement, et encore.
Toi aussi « ma sœur » ?
La République « sœur » du Congo-Brazza inquiète depuis un curieux rapprochement entre les Présidents Denis Sassou-Nguesso et Paul Kagamé[8]. Ce rapprochement avait été concrétisé par la signature d’un accord de coopération dans le domaine du transport aérien.
Un premier vol, un cargo, avait décollé de Kigali vers Brazzaville le 06 mai 2013 avec à bord, officiellement, 30 tonnes de marchandises. Selon le ministre rwandais du commerce et de l’industrie, François Kanimba, l’avion transportait essentiellement des produits agricoles[9] comme la viande, le haricot et de petits poissons séchés. Il était prévu qu’un appareil effectue chaque semaine un vol avec à bord des produits agricoles (farines de manioc, maïs, haricot, fruits, légumes). Une information officielle qui aurait dû mettre la puce à l’oreille. 
En effet, quelle logique économique justifierait qu’on mobilise un avion pour transporter 30 tonnes de légumes, de fruits, de farine de manioc,… d’un pays comme le Rwanda qui manque d’espace agricole (419 hab./km²) vers un pays comme le Congo-Brazza disposant de vastes terres inexploitées (13 hab./km²) ? On voit mal une compagnie aérienne rester longtemps rentable en convoyant des légumes d’un pays comme le Rwanda vers un pays agricole comme le Congo-Brazza.
Les « stratèges militaires du Congo-Kinshasa » seraient ainsi bien inspirés d’ajouter le Congo-Brazza sur la liste des pays dont la frontière commune (2.410 km) mérite une attention accrue. Il est encore trop tôt d’établir un lien entre les expulsions des ressortissants du Congo Kinshasa par les autorités du Congo-Brazzaville[10] et le péril sur la Patrie de Lumumba qui prend forme sur l’axe Kigali-Bangui-Brazzaville.
La stratégie de l’encerclement
En tout cas, si la coopération militaire entre Kigali et Brazzaville, maquillée en convoyage des denrées agricoles, se confirme, les stratèges de Kigali auront réussi de main de maître, à l’échelle régionale, ce qui a toujours fait leur force sur les champs de bataille : encercler une cible militaire(ville, village, base ennemie), mener des infiltrations puis passer à l’attaque[11].
Kinshasa va devoir briller d’imagination pour « briser » l’encerclement. Peut-être en renforçant le contingent des FARDC[12] à Bangui. Mais tous les efforts pourraient être vains si la phase« infiltrations » a atteint, dans les institutions congolaises, le point de non-retour.
Boniface MUSAVULI


[1] La Province de l’Equateur et la Province Orientale.
[2] « La chute de Bangui dégarnit la frontière nord du Congo Kinshasa », Le carnet de Colette Braeckman, 23 mars 2013, <http://blog.lesoir.be/colette-braec... ;
[3] « Centrafrique : 13 soldats sud-africains tués, les rebelles à Bangui », euronews.com, 25 mars 2013, <http://fr.euronews.com/2013/03/25/w... ;
[4] « Jean-Marie RUNIGA : La rébellion Séléka nous a beaucoup inspirés », kongotimes, 03 janvier 2013, <http://afrique.kongotimes.info/rdc/... ;
[5] « RCA : Terreur contre les réfugiés rwandais à Bangui : les témoins se confient à Jambonews », jambonews.net, 22 avril 2014, < http://www.jambonews.net/actualites... ;
[6] « RDC : Pourquoi « KABILA » veut le Chaos dans la Province de l’Equateur ? », kongotimes, 24 avril 2014, < http://afrique.kongotimes.info/rdc/... ;
[7] « RDC : 93% des habitants de l’Equateur vivent dans la pauvreté, selon la Banque mondiale », radiookapi.net 12 mai 2012, < http://radiookapi.net/economie/2012... ;
[8] « Congo-Brazza – RD Congo – Rwanda : A quoi joue Sassou-Nguesso ? », agoravox.fr, 17 août 2013, < http://www.agoravox.fr/actualites/i... ;
[9] « Ce que les Rwandais disent du Congo-Brazzaville de Sassou Nguesso », INGIHE.com, 12 mai 2013, <http://fr.igihe.com/l-investisseur/... ;
[10] « Congo-Brazzaville : les expulsions d’étrangers vers la RDC se poursuivent  », rfi.fr, 11 avril 2014, < http://www.rfi.fr/afrique/20140411-... ;
[11] Jean-Jacques Wondo, Les armées au Congo – Radioscopie de la Force Publique aux FARDC, Ed. Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2013, pp. 213-214.
[12] Forces Armées de la République Démocratique du Congo.


RD Congo 2016 : Trois exigences pour sauver 2016


RD Congo 2016 : Trois exigences pour sauver 2016

par MUSAVULI 
mercredi 6 août 2014

L’année 2016 en République Démocratique du Congo est annoncée pour être une année à haut risque. Le président Joseph Kabila et les « dignitaires » de son régime tiennent fermement à se maintenir au pouvoir, et des manœuvres sont en cours pour vider les élections annoncées de leur utilité démocratique. La Constitution qui, pourtant, limite le mandat présidentiel à 5 ans une seule fois renouvelable (articles 70 et 220) peut à tout moment être modifiée, la corruption, les fraudes électorales et la violence armée, devant servir à faire passer la décision. Il est pourtant encore possible que les Congolais, en tant que peuple, prennent le contrôle des enjeux de 2016 en dépit des manœuvres des dirigeants actuels. 
Trois exigences, au moins, peuvent permettre d’amener Joseph Kabila et ses proches à se soumettre aux limites imposées par la Constitution actuelle et se conformer au droit du peuple congolais à choisir librement son président et ses dirigeants en 2016. Malheureusement pour la souveraineté du Congo, une partie des enjeux de 2016, dans ce scénario, devra se jouer en dehors du cadre strictement national, avec tous les risques que comporte ce genre de démarches à l’étranger en termes d’agendas cachés[1].
Première exigence : Faire désarmer la Garde républicaine. Le président Joseph Kabila mise sur cette unité (environ 15 mille hommes) dont les membres ont lié leur sort au sien[2] et qui font l’objet d’une hyper-militarisation par rapport aux autres unités de l’armée nationale[3]. S’il parvient à faire modifier la Constitution, ce qui est au centre de son lobbying auprès de Barack Obama[4], il se retrouvera, en 2016, face à des adversaires politiques totalement vulnérables, luttant à mains nues contre un régime militaire, comme en 2011. Au bout de quelques massacres, comme à Ndjili en décembre 2011[5], les responsables de l’opposition seront obligés d’appeler la population à rentrer à la maison. Le Raïs aura obtenu son maintien au pouvoir grâce à ces bataillons de l’armée que ses adversaires politiques n’ont pas.
Le désarmement de la Garde républicaine et le cantonnement de ses membres avant l’élection de 2016 peuvent être obtenus si l’opposition et la société civile congolaise mènent activement des démarches auprès des pays à même de peser sur les votes au Conseil de sécurité de l’ONU. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y en a 5 : les Etats-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine. Dans le cas du Congo, les Congolais peuvent cibler principalement les Américains et les Français pour un ensemble de raisons historiques et géopolitiques qu’on ne saurait développer dans un article aussi court. Washington et Paris sont les deux puissances qui, sur un dossier comme celui-là, disposent des meilleurs atouts par rapport aux trois autres du cercle fermé des Cinq membres permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais, en cas de réticence des Américains et des Français, les Congolais ne devraient pas hésiter à cibler les diplomates d’autres puissances, notamment ceux des puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – les BRIC) pour obtenir un projet de Résolution à l’ONU visant au désarmement de la Garde républicaine. Une telle Résolution, si elle devait être adoptée, serait assez facile à exécuter puisque l’ONU dispose déjà de 17 mille casques bleus au Congo dans le cadre de la Monusco[6], une force qui devrait être renforcée par des contingents destinés à sécuriser l’élection de 2016.
Deuxième exigence : Répertorier, localiser et évaluer les patrimoines de Joseph Kabila, de ses proches et des dignitaires du régime  ; au pays et à l’étranger[7], et les mettre sous surveillance d’ici à 2016. Ils pourront être gelés, en cas de troubles, voire saisis pour permettre au prochain président d’indemniser les victimes de la répression et leurs familles. Les victimes de la répression de 2006 et celles de 2011 n’ont jamais été indemnisées. Celles de 2016 devraient bénéficier de garanties longtemps avant le début d’un scrutin annoncé pour être émaillé de violences.
Troisième exigence : Désarmer et renvoyer dans leurs pays les agents rwandais et ougandais dont Kabila pourrait se servir contre ses opposants. C’est un secret de polichinelle, mais les présidents Kagame du Rwanda et Museveni d’Ouganda disposent d’un trop grand nombre d’agents au Congo[8] sur qui repose, en grande partie, le régime de Joseph Kabila[9]. Un avion en provenance de Kigali en a encore déposé 302 à l’aéroport de N’dolo, à Kinshasa, dans la nuit du 7 au 8 juin 2014[10]. Pour les présidents Kagame et Museveni, le maintien de Joseph Kabila au pouvoir au-delà de 2016 est une question de vie ou de mort[11]. Les deux dictateurs ne peuvent pas se passer de la manne financière qu’ils tirent du pillage de l’Est du Congo[12]. Un autre président, démocratiquement élu par le peuple congolais, sera obligé de reprendre le contrôle des ressources minières de l’Est du Congo, ce qui devrait mettre les agents de Kagame et de Museveni sur la paille. Sauf que ces agents représentent un danger permanent pour la population congolaise. En cas d’infraction, ils repartent dans leurs pays et ne peuvent pas être poursuivis devant les cours et tribunaux congolais. Le gouvernement rwandais refuse d’extrader ses nationaux qui ont commis des crimes au Congo[13]. Si l’opposition congolaise et la société civile obtiennent le départ de ces agents avant le scrutin de 2016, et une rigoureuse surveillance des aéroports et des frontières communes avec les deux pays[14], un grand pas aura été franchi pour sauver 2016.
Ces trois exigences, malheureusement pour la souveraineté du Congo, amèneront les Congolais à devoir jouer une partie des enjeux de 2016 en dehors du Congo. Il est impossible de faire geler les avoirs des dignitaires du régime de Kabila sans passer par la « communauté internationale », même lorsqu’on désapprouve le rôle de celle-ci au Congo. Seules les grandes puissances (dont au moins trois : Etats-Unis, France, Royaume-Uni, et des structures comme l’Union européenne) ont la capacité de geler, voire de saisir les avoirs des individus qui misent sur la violence contre la population pour se maintenir au pouvoir au-delà de 2016.
Quant au renvoi des agents rwandais et ougandais dans leurs pays, seules des personnalités comme Barack Obama peuvent exiger de Kagame et Museveni qu’ils retirent du Congo les hommes qu’ils y ont envoyés pour servir le régime de Joseph Kabila. Les Américains, même s’ils ne peuvent jamais l’avouer publiquement, doivent déjà disposer de renseignements fiables sur le nombre exact de ces agents. Ils seront parmi les rares à pouvoir disposer d’assez de moyens pour vérifier que ces agents étrangers ont effectivement quitté le sol congolais.
Mais la demande auprès du président Obama doit émaner du fond des couches de la société congolaise, en commençant par la société civile ; peut-être rejointe, par la suite, par plusieurs coalitions de l’opposition et les organisations de la diaspora congolaise, militant à l’unisson pour faire aboutir cette exigence.
Boniface MUSAVULI

[1] Les puissances étrangères qui seraient amenées à aider les Congolais à surmonter l’obstacle de 2016 ne le feraient qu’en fonction de leurs propres intérêts. « Les Etats n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts », dixit Charles de Gaulle.
[2] Jean-Jacques Wondo, Les armées au Congo – Radioscopie de la Force Publique aux FARDC, Ed. Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, Saint-Légier (Suisse), Avril 2013, pp. 232, 295-296, 338, 350, 356, 407.
[3] Jean-Jacques Wondo Omanyundu, « Pourquoi cette hyper-militarisation de la Garde républicaine au détriment du reste de l’armée ? », desc-wondo.org, 14 mars 2014.
[4] Ibidem« L’offensive diplomatique discrète gagnante de Kabila aux USA ? », desc-wondo.org, 1eraoût 2014.
[5] Le 26 novembre 2011, près de l’aéroport de Ndjili, les forces fidèles à Kabila avaient ouvert le feu sur les sympathisants de son adversaire Etienne Tshisekedi tuant 18 d’entre eux, selon Human Rights Watch. Cf. « RD Congo : Les autorités doivent contrôler les forces de sécurité », HRW, 02 décembre 2011.
[6] MONUSCO : Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo.
[7] « La fortune de ‘Joseph Kabila’ estimée à 15 milliards $US », lecongolais.cd, 07 juillet 2014.
[8] Il ne s’agit pas des Congolais d’ethnie tutsie dont un grand nombre a déjà, en de nombreuses reprises, refusé d’être confondu avec les agents que le régime de Kagame « glisse » au Congo sous l’identité galvaudée de « Tutsis congolais ». Lire utilement la lettre du député Boniface Zingira reprise dans l’ouvrage de Patrick Mbeko : Le Canada dans les guerres en Afrique centrale – Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par Rwanda interposé, Le Nègre Editeur, 2012, pp. 458-459. 
[9] « (…) Kayumba affirme même que jusqu’à ce jour, il y a toujours des militaires rwandais au Congo. Le général Olenga se confiant à Colette Braeckman après « les victoires des FARDC » a dit à peu près la même chose : les opérations de mixage et de brassage ont favorisé la prise en otage de l’armée congolaise par ses ennemis », JP. Mbelu, « La RD Congo, Faustin Kayumba, Raymond Tshibanda et le M23 », ingeta.com, 1er déc. 2013 ; Robert Mukombozi, « Rwanda : Kagame Govt Days Are Numbered - Gen Nyamwasa », allafrica.com, 28 novembre 2013.
[10] Dans la nuit de samedi 07 à dimanche 08 juin 2014, des avions militaires ont atterrit à l’aéroport de N’dolo, à Kinshasa. Ils transportaient 302 soldats rwandais et anciens membres du M23. Une colonne de camions militaires les a amenés au Camp Kokolo. Cf. “302 Rwandan Defense Forces Special forces land at N’dolo airport, Kinshasa”, afroamerica.net, Sunday, June 8, 2014.
[11] « A chaque proclamation de la victoire électorale de Kabila, en 2006 et 2011, des feux d’artifice ont été lancés à Gisenyi, illuminant le ciel de la ville de Goma et des réjouissances populaires et klaxons ont souvent animé les nuits de cette ville en signe de solidarité à la victoire d’un des leurs, racontent certains congolais vivant à Gisenyi ». JJ. Wondo, « Le Rwanda plus fort que jamais en RD Congo malgré la déroute du M23 », desc-wondo.org, 06 février 2014.
[12] Voir différents rapports des experts de l’ONU.
[13] « Le Rwanda n’extradera pas Laurent Nkunda et les chefs du M23 », france-rwanda.info, 18 août 2013.
[14] Ajouter à la surveillance des frontières du Rwanda et de l’Ouganda les frontières du Burundi, du Sud-Soudan et de la République Centrafricaine où affluent des contingents de l’armée rwandaise auprès de la présidente Catherine Samba-Panza. Cf. Boniface Musavuli, « RD Congo : Un pays encerclé militairement ? », agoravox.fr, 26 avril 2014.





E. Tshisekedi : une jubilation malsaine





E. Tshisekedi : une jubilation malsaine



Comme à l’époque du cancer de la prostate de feu le Maréchal Mobutu, en 1996, le projet de voyage d’Etienne Tshisekedi en Belgique, pour un check médical général, fait grand débat au sein de l’opinion nationale depuis que la bande passante de la RTNC,
diffusée en boucle le dernier week-end, l’a présenté comme un mourant à évacuer urgemment à l’étranger à bord d’un avion médicalisé. Certains médias, dans le dessein de faire accréditer la thèse de l’état critique dans lequel se trouverait le président national de l’UDPS, en dépit des démentis formels de sa famille et de son parti, sont en train d’étaler ses bulletins de santé sur la place publique.
 
De mémoire de Congolais, on n’a jamais connu pareille violation du secret médical. A propos de sa maladie, il est fait état tantôt d’un AVC (Accident Vasculaire Cardiaque), tantôt d’un diabète aigu vieux de plusieurs décennies, ou encore de la perte de l’usage de ses jambes. Bref, le tableau médical d’Etienne Tshisekedi est peint comme très sombre. Pour justifier la campagne médiatique autour de l’irréductible opposant congolais, on soutient qu’il est un homme public, qui ne s’appartient plus. On aurait compris cela si l’intéressé assumait une charge publique. L’impression que l’on donne est que Tshisekedi serait devenu un problème pour la Nation.
 
Bulletins médicaux des «VIP » : la fin du secret?
 
S’il était permis aux médias congolais d’exposer sur la place publique les bulletins de santé des personnalités politiques, l’on peut être sûr que la profession serait rapidement débordée, tant les dossiers médicaux ignorés du grand public garnissent les placards. Car, la République héberge un nombre inestimable de malades qui s’ignorent. Qui peut jurer ne pas souffrir dé quelque chose au sein des institutions de la République?
 
Si un sondage sérieux était mené auprès de la population congolaise, il révélerait certainement que l’écrasante majorité de Congolais aimeraient savoir comment se porteraient réellement les sénateurs, les députés, les ministres, des gouverneurs de provinces, les ambassadeurs de la RDC à l’étranger, les managers des entreprises du Portefeuille, les chefs des partis politiques, et pourquoi pas les stars de football et de musique, les maires des villes, les administrateurs de territoires, les chefs de secteurs, les bourgmestres des communes, les chefs coutumiers, les chefs des quartiers...
 
Si on sifflait la fin du secret médical, que n’apprendrait-on pas sur l’état de santé réelle de ceux qui dirigent les institutions de la République ou siègent en leur sein, du sommet à la base de la pyramide? Les hommes publics seraient-ils tout contents de voir leurs fiches médicales, inconnues du grand public, publiées en fac-similés dans les journaux ou affichées sur les écrans de télévision ? Les services spéciaux laisseraient les médias déballer les dossiers médicaux des «VIP»?
 
L’axe RDC-Inde-Afrique du Sud
 
Lorsque l’on observe l’axe RDC-Inde-Afrique du Sud, on note que les évacuations sanitaires des Congolais, surtout ceux pris en charge par le Trésor public, ne fléchissent pas. C’est la preuve, si l’en faut, que l’implantation de l’Hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa est loin de résoudre le problème de la saignée des finances publiques par les « grands malades » qui continuent de partir en soins à l’étranger.
 
Aller se faire soigner en Afrique du Sud ou en Inde pour des cas d’AVC (Accident Vasculaire Cardiaque), de diabète, d’hypertension, d’appendicite, de hernie, de cirrhose de foie, d’insuffisance rénale, de prostate, de goutte voire pour accoucher est devenu comme une compétition nationale. Les dossiers des demandes de transfert vers ces deux pays se succèdent à un rythme endiablé aux ministères du Budget et des Finances. Dans les entreprises publiques, mandataires et cadres ainsi que les membres de leurs familles ne jurent que par l’Afrique du Sud ou l’inde au moindre bobo de santé.
 
Kutino et Diomi : deux grands malades abandonnés...
 
Ceux qui pensent devoir absolument informer les Congolais de l’état de santé de certains de leurs compatriotes auraient pu se saisir de l’occasion pour se pencher sur les cas de deux compatriotes qui en appellent, depuis des mois, à une assistance urgente du gouvernement en vue de les tirer d’une mort certaine. Il s’agit, on s’en doute, de deux prisonniers, en l’occurrence, e pasteur Kutino Fernando, en séjour à la prison centrale de Makala depuis plus de 8 ans, et Eugène Diomi Ndongala, président national de la Démocratie Chrétienne, qui se trouve au même lieu depuis une année, pour purger une peine de 10 ans.
 
Voilà deux malades qui ne se cachent pas. La semaine dernière, Kutino Fernando a fait publier son bulletin de santé dans la presse, par l’entremise du député Franck Diongo, afin d’attirer l’attention du gouvernement sur la gravité de son état de santé, qui exige une évacuation sanitaire urgente vers l’étranger. Transmis sous forme de « Sos », son message n’a rencontré aucun écho du côté des décideurs politiques. Financièrement endetté jusqu’au cou, avec une facture impayée qui vient de dépasser 80.000 dollars, ce ministre de Dieu n’en peut plus. Chaque jour qui passe, les séquelles de son Accident Vasculaire Cardiaque ne font que s’aggraver. Alors que ses jours sont comptés, rien ne bouge du côté des autorités judiciaires ou politiques.
 
C’est pareil pour Eu- gène Diomi Ndongala, lui aussi victime des problèmes respiratoires et des complications post-opératoires. Ses requêtes répétées en direction des pouvoirs publics, pour des soins à l’étranger, à ses propres frais, restent sans suite, en dépit de la publicité que ses proches, à commencer par son épouse, font autour de son inquiétant bulletin de santé.
 
Tout récemment, l’ancien ministre provincial de l’Agriculture au Bas-Congo, le regretté Raymond Nsumbu Badika, a trouvé la mort dans son statut de détenu, pour n’avoir pas reçu à temps des soins appropriés, que devait lui prodiguer l’Etat congolais, propriétaire des établissements pénitenciers. Pourtant, depuis l’année dernière, lui- même, ses avocats et sa famille avaient envoyé des signaux de détresse en direction de qui de droit.
 
Pourquoi refuse-t-on de venir en aide aux malades privés de liberté, réellement à l’article de la mort, pour porter un intérêt suspect sur Etienne Tshisekedi qui, jusque-là, n’a pas sollicité une assistance publique ? Voudrait-on l’aider à mourir très vite que l’on ne procéderait pas autrement.

Dans des pays de vieille démocratie, on fait très attention à la sphère d’intimité des individus, hommes publics soient-ils. L’affaire du vol du dossier médical de Schumacher, l’ancien champion allemand de «Formule 1», se trouve en justice. Pour échapper à celle-ci, le présumé auteur du coup s’est suicidé.
 
Dans le passé, on n’a jamais divulgué les dossiers médicaux de l’ancien président François Mitterrand ou de la star américaine Michael Jackson. Chez nous, personne n’est entré dans les dossiers médicaux de Luambo ou Tabu Ley. Avec tout ce qui se dit avec triomphalisme autour de Tshisekedi, la RDC ne s’acheminerait-elle pas vers une jungle?


Kimp



Transformé en lieu de pèlerinage politique : L’Hôtel Invest pris d’assaut par des Congolais venus consoler Ewanga

Transformé en lieu de pèlerinage politique : L’Hôtel Invest pris d’assaut par des Congolais venus consoler Ewanga



















Contrairement aux attentes du régime politique hautement répressif en place au pays, l’Hôtel Invest de la Radio Télévision nationale congolaise (RTNC) situé dans la commune de Lingwala à Kinshasa est devenu depuis quelques jours un lieu de, pèlerinage politique.
Et pour cause ? En effet, au lendemain du transfert du député national et Secrétaire Général de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), Jean-Bertrand Ewanga de sa cellule mouroir du pénitencier de Makala, l’Hôtel précité où ce dernier séjourne présentement est quotidiennement pris d’assaut par des milliers et des milliers de compatriotes qui viennent l’encourager et lui témoigner de leur solidarité!
 
En provenance des coins et recoins de la capitale, ces compatriotes apportent à l’illustre prisonnier qui une bible, qui un petit pain, qui une bouteille d’eau purifiée et, pourquoi pas, de sages conseils pour lui permettre de faire face à l’adversité ainsi créée, mais aussi et surtout pour faire face à l’agression de l’inconfort moral dans lequel il vit désormais depuis son interpellation jusqu’à ce jour !
 
Il se porte comme un charme...
 
Les foules difficiles à contenir qui viennent chaque jour à l’Hôtel Invest pour parler avec Jean-Bertrand Ewanga sont des signes visibles de la solidité de liens personnels que cet homme a réussi à tisser avec le public depuis le début de sa belle carrière politique et que son parti (l’UNC) est venu amplifier lors de sa création avec, sa tête, Vital Kamerhe qui a manqué à l’appel au pays au lendemain du décisif meeting de la Place Sainte Thérèse à N’Djili lundi, le 4 courant.
 
La population de la capitale, en parfaite communion de cœurs avec les populations des régions de l’arrière-pays, ne cesse de s’interroger sur la suite de ce qu’on convient d’appeler” Procès Ewanga dont la prologue a clairement révélé l’intention de nuire au leader de l’UNC et à ce parti dont l’ancrage au sein de masses populaires du pays ne cesse d’apeurer la majorité politique au pouvoir face à la majorité sociologique.

On pense généralement que les interrogations des Kinois à ce sujet sont pertinentes, mais le cours des événements politiques qui bouleversent actuellement le monde pourrait venir apaiser leurs inquiétudes avant longtemps pour la bonne et simple raison que l’univers tout entier développe, de nos jours des penchants exceptionnels de solidarité pour le peuple congolais opprimé!

Oui, l’Hôtel Invest sert aujourd’hui de prison au député national Jean-Bertrand Ewanga, Secrétaire Général de l’Union pour la Nation Congolaise alors que sa place est bel et bien dans sa demeure familiale à la Cité verte!
Mais l’immense majorité de ses compatriotes est consolée par le fait que ce combattant de l’opposition s’adapte avec succès à la condition carcérale qui est la sienne aujourd’hui. Des témoins qui l’ont rencontre hier jeudi à sa lieu de détention attestent que malgré l’amertume qu’il éprouve suite aux propos qui lui sont prêtés, l’homme se porté comme un charme et attend avec ferveur renouvelée le retour au pays de son compagnon de lutte en la personne de Vital Kamerhe.

KAMBALE MUTOGHERWA