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mercredi 15 juillet 2015

Tanzanie : le CCM désigne son candidat pour succéder à Kikwete




Alternance démocratique :

Tanzanie : le CCM désigne son candidat pour succéder à Kikwete

John Magafuli, actuel ministre tanzanien des Travaux publics

Actuel ministre tanzanien des Travaux publics, John Magafuli, 55 ans, a été désigné dimanche 12 juillet par le Chama Cha Mapinduzi (CCM), le parti au pouvoir, pour le représenter lors de l’élection présidentielle d’octobre prochain. Une belle leçon de modernité au moment où les citoyens notamment du Burundi, des deux Congo, de l’Ouganda et du Rwanda retiennent leur souffle face à un avenir qui s’écrit sous la forme d’un point d’interrogation. En cause, l’approche de la date d’expiration de l’ultime mandat des "hommes providentiels" qui les dirigent. Des hommes qui ne rêvent que d’une chose : la Présidence à vie. C’est eux ou le chaos!
Elu en 2005 et réélu en 2010, l’actuel président tanzanien Jakaya Mrisho Kikweye se trouve à quelques trois mois de l’expiration de son second et dernier mandat. C’est une bonne nouvelle qui nous vient de l’Afrique de l’Est.

Contrairement à Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville et "Joseph Kabila" du Congo-Kinshasa, "Jakaya" n’a pas organisé des "consultations" avec les "forces vives de la nation". Il n’a pas non plus convoqué de "dialogue national" pour faire sauter la disposition constitutionnelle qui verrouille le nombre de mandat présidentiel. Encore moins d’user de roublardise pour obtenir le "glissement" du calendrier électoral.

Soucieux sans aucun doute du serment qu’il a fait en 2005 et 2010 "devant Dieu et la nation" "d’observer et de défendre la Constitution et les lois" de son pays, Jakaya Kikwete s’est tout simplement plié au prescrit constitutionnel. D’aucuns pourraient ergoter qu’il n’avait pas le choix. Sans doute. En 2005, Kikwete a trouvé un Etat tanzanien institutionnalisé. Depuis 1995, le pays expérimente les valeurs démocratiques. Une certaine "culture démocratique" s’ est incrustée dans les esprits.

Membre du parti dominant, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), Kikwete n’a pas désigné "son" candidat pour lui succéder. Il s’est incliné devant les règles en vigueur en laissant ce soin à cette formation politique. C’est le CCM qui a organisé une sorte des "primaires" pour désigner le meilleur postulant pour défendre ses couleurs lors de la présidentielle prévue le 25 octobre prochain.

Au départ, 40 prétendants étaient en lice dont le vice-président Mohamed Bilal, le Premier ministre Mizengo Pinda et les anciens chefs de gouvernement Edward Lowassa et Frederick Sumaye. Un vrai combat des "gladiateurs".

Après plusieurs tours, il n’en restaient plus que trois aspirants. A savoir : Asha-Rose Migiro (ministre de la Justice), John Magafuli (ministre des Travaux publics) et Amina Salum Ali (ambassadrice de l’Union africaine à Washington).

Après dépouillement des bulletins, John Magafuli a rassemblé 87% des voix autour de son nom. Jakaya Kikwete a littéralement exulté : "Je suis fier de notre candidat, c’est quelqu’un qui travaille dur et je suis certain qu’il fera le meilleur des présidents. "C’est un homme raisonnable, a-t-il ajouté. Nous espérons qu’il aidera le pays à vaincre la pauvreté, à lutter contre la corruption et l’indiscipline".

Leader du Front civique uni (CUF), Ibrahim Lipumba (opposition) a d’ores et déjà annoncé sa cinquième candidature successive à la présidence, après avoir été battu face à Benjamin Mkapa en 1995 et 2000 et Jakaya Kikwete en 2005 et 2010.

Des observateurs estiment que Mugafuli "a de fortes chances" de succéder à Jakaya Kikwete le 25 octobre prochain. La Tanzanie donne ainsi une belle leçon de modernité à quelques "satrapes féodaux" de la Région. Le Congo mal nommé démocratique de "Joseph Kabila" est ainsi "ringardisé". Il en est de même du Burundi de Nkurunziza, le Congo-Brazzaville de Sassou Nguesso, l’Ouganda de Museveni et le Rwanda de Kagamé. La Tanzanie tient lieu, une fois de plus, d’exception régionale.

John Magufuli a désigné la ministre d’État Samia Suluhu Hassan comme colistière. Elle est native de Zanzibar, en conformité avec la Constitution qui prévoit que si le président est originaire du continent, le vice-président doit provenir de cet archipel semi-autonome.

Les observateurs mettent au "débit" du président sortant l’incapacité de son gouvernement à mener une lutte résolue contre la corruption.

B.A.W (avec AFP)
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