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SACREBOPOL

jeudi 8 septembre 2011

FFJ prend au sérieux des menaces contre une chaîne de télévision à Kinshasa


Freedom for Journalist (FFJ), organisation de défense de la liberté de la presse, prend au sérieux des menaces dirigées contre Canal numérique télévision (CNTV), une chaîne de télévision privée émettant à Kinshasa, capitale de la RD Congo et appartenant à Alexis Mutanda, haut cadre à l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps, principal parti de l’opposition). Selon M. Mutanda qui a pu joindre FFJ, les menaces proférées par téléphone par des personnes inconnues contre CNTV affirment l’imminence d’une attaque visant l’émetteur positionné à Binza-Pigeon (Ouest de Kinshasa) et l’administration basée au centre-ville. «Elles m’ont dit qu’on se prépare, l’incendie peut intervenir à tout moment, si pas ce soir (Ndlr : soir du mercredi 07 septembre 2011), soit ça peut être demain», a déclaré M. Mutanda à FFJ. Dans une lettre destinée au gouverneur de la ville de Kinshasa dont copie a été déposée à FFJ, M. Mutanda demande plus de sécurité en faveur des « biens et des personnes travaillant au sein de cette entreprise… ». FFJ rappelle que ces menaces interviennent après un passage à tabac dont a été victime, vendredi 02 septembre 2011, Katambwa Mike, journaliste à CNTV à qui ses bourreaux avaient reproché d’avoir souvent fait l’apologie, dans ses revues de presse, de M. Tshisekedi, opposant au régime du président Kabila et candidat à l’élection présidentielle de novembre 2011. Ces menaces sont à prendre au sérieux puisqu’elles interviennent après le plasticage, mardi 06 septembre 2011, des installations de Radiotélévision Lisanga (RLTV), une chaîne de télévision pro-opposition basée à Kinshasa. FFJ condamne ces menaces qui énervent la loi sur la liberté de la presse et invite les autorités compétentes à assurer sécurité et protection à CNTV et à l’ensemble de son personnel. Fait à Kinshasa, le 07 septembre 2011 Freedom for journalist (FFJ)

JED s’inquiète d’une tentative d’attaque d’une chaîne de télévision pro-opposition


Kinshasa, le 07 septembre 2011 Journaliste en danger (JED) est profondément préoccupé par des informations faisant état d’une tentative de sabotage des installations de Congo Media Channel TV (CMC TV), une chaîne de télévision émettant à Kinshasa, capitale de la RDC, et appartenant à M. Kudura Kasongo, ancien porte-parole du président Joseph Kabila, aujourd’hui passé à l’opposition.
Selon les témoignages recueillis par JED, CMC TV a été visité, mardi 6 septembre 2011 vers 22 heures, par quatre hommes fortement armés en tenue civile qui ont tenté en vain d’entrer dans les installations de la télévision. Ces assaillants ont pris d’assaut l’enclos de CMC TV en réussissant à neutraliser le policier qui assurait la garde du siège. Le policier a été copieusement passé à tabac pendant que M. Fabrice Makansila, régisseur d’antenne s’était enfermé dans le studio. N’ayant pas reçu la clé des installations, ces hommes armés ont forcé la porte principale du studio de CMC TV. Ils ont escaladé les murs de la chaîne pour s’échapper après avoir vu toutes les lampes du studio éteintes et le signal d’émission de la télévision coupé. Informé cette même nuit, le coordonateur de la chaîne a urgemment fait appel à un renfort des éléments de la police qui ont accouru et pris position autour de la chaîne jusqu’à 8 heures du matin de ce mercredi 7 septembre 2011. Interrogée par JED, Mme Pascaline Kudura, directrice de CMC TV, a déclaré que sa chaîne est victime d’acte d’intolérance politique. « C’est la deuxième fois que CMC TV est victime des actes d’intolérance politique. Il y a 9 mois passés ma chaîne était fermée pour des raisons purement politiques. CMC TV est une chaîne commerciale et non politique. Le but de ces hommes armés qui ont attaqué CMC TV était, sans doute, de saboter les installations de la chaîne », a ajouté Mme Kudura. Cette tentative d’attaque d’une chaîne de télévision proche de l’opposition, intervient 48 heures après l’incendie d’une autre télévision, la RLTV, par un commando armé.


REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE MERCREDI 07 SEPTEMBRE 2011

Kinshasa a failli basculer dans l’horreur à la suite des échauffourées entre des éléments de la Police nationale congolaise (Pnc) et des combattants de l’Udps hier mardi 6 septembre 2011 à Limete. Ces affrontements ont, selon le secrétaire général de ce parti, Me Jacquemain Shabani, causé la « mort par balles » du nommé Gamake Folo Junior, habitant au quartier Mombele (Limete), et fait plusieurs blessés. C’est le sujet qui domine l’actualité dans la presse congolaise parus ce matin dans la Capitale.

Sous le titre « vive tension à Kinshasa : un organe de presse incendié. Deux sièges des partis politiques, Pprd et Udps, saccagés. Les symboles de la liberté d’expression et du droit à la différence, c’est-à-dire la démocratie, viennent d’être touchés, Le Potentiel estime que « c’est le paroxysme ». « Les tensions politiques sont montées d’un cran, engendrant des violences en cascade. Le processus électoral est en péril. Le spectre de la « guerre d’août 2006 » à Kinshasa réapparaît », écrit encore le journal qui rappelle qu’auparavant, « des marches populaires ont été violemment réprimées par la police, les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions brutalisés ».

Autre titre sur le même sujet : « Double opération commando contre l’Udps et la Rltv ». dans cet article, Le Phare rapporte que lors de sa conférence de presse qu’il a tenue mardi 06 septembre 2011 à la permanence de l’Udps, à Limeté, le secrétaire général de cette formation politique, Me Jacquemain Shabani, a fourni le bilan provisoire du saccage de cette permanence, opéré selon lui pendant la nuit du 05 au 06 septembre 2011 par des soldats en uniforme et conduits par des véhicules de la Police, bilan qu’il détenait jusqu’à ce moment-là. Au total, 2 morts, plusieurs blessés et une cinquantaine d’arrestations des combattants de l’Udps. Cette opération, a-t-il dit, a été planifiée et exécutée par les tenants du pouvoir en place. Dès que l’Udps a eu vent de cette opération, Me J. Shabani soutient avoir prévenu la police pour des mesures préventives, mais celle-ci n’a pas daigné faire son devoir. Le Phare a trouvé par ailleurs la réponse à ces attaques dont ont été victimes l’Udps et la chaîne de télévision Rltv. Réponse se trouvant dans la communication du secrétaire général de l’Udps. D’après le journal, les raisons de cette agression contre l’Udps et la chaîne de télévision Rltv qui a été aussi incendiée dans la même nuit sont justifiées par « la faiblesse du régime de Kabila, un régime finissant qui essaie de se  maintenir par la terreur. Malgré cela, l’ensemble de l’opposition va bouter ce régime dehors pour l’empêcher de nuire », a expliqué le secrétaire général de l’Udps dans Le Phare.

« Après l’acte de vandalisme sur les bureaux de l’interfédéral du Pprd à Kinshasa, « Evariste Boshab lance un appel à la paix », indique pour sa part La Référence Plus. Le secrétaire général du Pprd, Evariste Boshab a tenu, mardi 6 septembre 2011  un point de presse au siège de l’Interfédéral du Pprd situé sur l’avenue Sendwe dans la commune de Kalamu. Il a invité les militants de son parti en général et ceux de Kinshasa en particulier à ne pas tomber dans le piège de la violence. Le Pprd entend saisir la justice pour être rétabli dans ses droits et exige que le gouvernement protège son patrimoine et ses militants. Il a confirmé l’organisation, le jeudi 8 septembre, de la marche pacifique de la Ligue des jeunes du Pprd et les différentes associations affiliées pour dire non à la violence et oui aux élections apaisées.

Suite à tous ces incidents, rapporte L’Avenir à la Une, « le gouvernement promet de sanctionner les auteurs et leurs commanditaires ». Le quotidien reprend le communiqué officiel du gouvernement, dans lequel ce dernier promet de sanctionner « tous les délinquants appréhendés et leurs commanditaires des incidents d’hier et de lundi, ainsi que de jeudi dernier, qui seront jugés et sanctionnés conformément à la loi ».
– Les quotidiens et journaux de la presse kinoise.
De là cette question du quotidien L’Avenir : l’Udps, l’Union pour la destruction du progrès social ? Ou l’Union pour la démocratie et le progrès social ? Le quotidien soutient d’autre part que même en pleine politique d’apartheid et lorsque les combattants de l’Anc en Afrique du Sud étaient encore dans le maquis, un mot d’ordre avait été donné pour qu’ils ne s’attaquent pas aux infrastructures du pays. Cela, parce que les hommes passent mais les infrastructures restent.

Concernant le même communiqué, La Prospérité indique que le gouvernement saisit l’occasion pour appeler au sens de responsabilité et de patriotisme des acteurs et leaders des partis politiques qui ont l’obligation d’éduquer leurs militants au respect de l’ordre public, de la propriété privée et de concourir à la sécurité individuelle et collective en contribuant, comme le souhaite l’ensemble de la population, à la tenue des élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées en RD Congo.

On pourra lire également un article du Potentiel intitulé « le gouvernement débloque 20 millions USD en faveur de la Ceni ». Un acte qui pousse le quotidien à croire que chaque jour qui passe, le gouvernement est déterminé à permettre à la Ceni d’emmener les Congolais aux urnes. Visiblement ému, indique le journal, le pasteur Ngoy Mulunda a presque manqué de mots pour remercier l’Exécutif national pour ce geste qui porte à plus de 100 millions Usd la contribution du gouvernement au processus électoral.

La Division de la Communication et des Relations Publiques
Collin BEYA- B.
Chef de Service

mercredi 7 septembre 2011

Panique : Kinshasa devenu un Far-West


On a franchi le Rubicond
Le Rubicond, comme nous le craignions, a été franchi. Après qu'une foule de militants de l'Udps ait accompagné tienne Tshisekedi présenter sa candidature au bureau de la Ceni, sur leur chemin de retour,

Intolérance politique à l'approche des élections La permanence de l'UDPS attaquée, RLTV incendiée !


Une vue de la chaine de télévision RLTV incendié le 6/9/2011 à KinshasaUne vue de la chaine de télévision RLTV incendié le 6/9/2011 à Kinshasa
Bilan : deux jeunes militants tués par les policiers, le siège de l'UDPS incendié par des « Pombas » du Pprd, des blessés graves enregistrés, des arrestations opérées, et d'importants dégâts matériels.
Le décor est planté pour des élections troubles en Républiques démocratique du Congo. La violence vient de prendre une ampleur qui risque de conduire le pays dans le chaos au lendemain du 28 novembre 2011. Pour preuves, une milice vient d'être mise sur pied, composée de « pombas », entendez des sportifs indisciplinés, et autres « kulunas » que l'on croyait purger leurs peines dans les différentes prisons pour avoir tué des paisibles citoyens à l'arme blanche ou encore arraché leurs objets de valeur.

Leur mission est d'attaquer physiquement les membres de l'opposition ainsi que leurs partisans pour des raisons que l'on ignore encore. Ce, depuis que le leader de la classe politique de l'opposition, Etienne Tshisekedi, est de retour à Kinshasa après avoir longtemps séjourné en Europe.

En effet, ayant constaté que Tshisekedi a toutes les chances de renverser le pouvoir en place, avec derrière lui une grande partie de la population congolaise, au regard des marrées humaines réalisées même dans des provinces supposées acquises à la cause du pouvoir, et vu l'échec cuisant de leur manifestation de démonstration de force, les ennemis de la démocratie viennent d'activer la machine de la répression violente et sanglante en vue d'installer la peur dans le camp de ceux qui n'émettent pas dans la même longueur d'ondes qu'eux. Pourtant, la violence, d'où qu'elle vienne, doit toujours être déplorée.

Hier mardi 6 septembre 2011, la commune de Limete a vécu une ambiance inhabituelle d'extrême violence, dès les petites heures de la matinée. Selon des témoins, vers trois heures du matin, des sportifs et kulunas ont débarqué au siège de l'Union pour la démocratie et le progrès social armés jusqu'aux dents pour tout saccager. Ils étaient plus ou moins trois cents, et ont incendié cette permanence situé sur la 10e rue du quartier résidentiel de Limete.

Ils ont cassé plusieurs biens de valeur trouvés sur place, avant de s'éclipser. Des combattants trouvés sur place, estimés à une vingtaine, ont eu la vie sauve grâce à leur vigilance.

Le matin, la mauvaise nouvelle a gagné toute la ville de Kinshasa. Révoltés, les combattants de I'UDPS, regroupés en plusieurs milliers, se sont postés devant leur permanence pour constater les dégâts. C'est là que tout a dégénéré. La police a débarqué pour les disperser, ce qui n'a pas rencontré leur assentiment, vu qu'ils venaient d'être victimes d'une grosse agression. Il s'en est suivi un sérieux accrochage, lequel e gagné tout le quartier, soit de la 9e à la 12e rue. Des policiers pourchassaient les combattants, tirant des balles réelles, pour les disperser.

Ainsi, deux combattants sont tombés, morts sur le champ.

D'autres ont été grièvement blessés.



Du coup, les agents de l'ordre ont gagné toutes les artères principales, précisément l'entrée de la 10e rue, les abords de la permanence du parti, la 12e rue, jusqu'au pont nouvellement construit, menant vers le quartier Mombele. Tous les commerces avaient fermé. Des coups de feu et bombes lacrymogènes ont été entendus durant près de cinq heures, soi-t de 8 heures à 12 heures. L'objectif était de traquer les combattants jusqu'à leur dernier retranchement. Mais c'était sans compter avec l'appui de la population du quartier chaud de Mombele, qui, de manière spontanée, s'est rangée derrière les combattants de l'UDPS pour faire face à ce traitement disproportionné.

Et les affrontements ont pris une autre dimension, surtout qu'ils se déroulaient désormais au-delà du pont précité, donc en plein cœur du quartier Mombele. Bilan, deux manifestants ont été tués, un a pris une balle dans le cou, et un autre dans le côté gauche du ventre. Les policiers utilisaient donc des balles réelles contre des manifestants non armés.

Quelques minutes plus tard, c'est des étudiants d'une établissement supérieur de la place supérieur des techniques appliquées (ISTA) qui ont débarqué à Mombele, par la grande avenue Kapela qui mène vers le quartier résidentiel de Limete. Toujours acquis à la cause du peuple congolais, ils ont tenu tête devant les policiers armés qui ont été obligés de se retirer. C'est ainsi que l'intensité des combats a baissé.

Néanmoins, jusque vers 13h30', on pouvait encore entendre des coups de feu sporadiques.

L'opinion invite les acteurs politiques congolais à s'investir pour des élections apaisées en RDC. Mais l'on ne cessera de déplorer la défaillance assortie de complicité des autorités en place dans de pareils dérapages, l'instrumentalisation de la police qui a un comportement partisan, alors qu'elle est appelée à être apolitique... D'ailleurs, dans une lettre adressée hier au président de la république, le comité exécutif de l'Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa), une organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse basée à Kinshasa, a protesté de la façon la plus ferme contre l'incendie des installations de RLTV, une chaîne de télévision privée proche de l'opposition, toujours par des sportifs indisciplinés.

 LEFILS MATADY