Powered By Blogger

Pages vues le mois dernier

Translate

SACREBOPOL

mercredi 10 octobre 2012







Alain Deneault - Auteur avec William Sacher de Paradis sous terre, Comment le Canada est devenu la plaque tournante de l’industrie minière mondiale (Écosociété) 9 octobre 2012 Canada

Un travailleur dans une mine de cuivre de la République démocratique du Congo. Le Canada n’a jamais donné suite à ces demandes du rapport d’experts mandatés par l’ONU en 2002, qui recommandait aux États d’enquêter sur les sociétés soupçonnées d’avoir profité du pillage des ressources au Congo pendant la guerre.
Photo : John Lehmann - The Globe and Mail/La Presse canadienne
Un travailleur dans une mine de cuivre de la République démocratique du Congo. Le Canada n’a jamais donné suite à ces demandes du rapport d’experts mandatés par l’ONU en 2002, qui recommandait aux États d’enquêter sur les sociétés soupçonnées d’avoir profité du pillage des ressources au Congo pendant la guerre.


C'est conforté par les contradictions de sa novlangue (dixit George Orwell, 1984) que le premier ministre canadien Stephen Harper se présentera au Sommet de la Francophonie à Kinshasa, en République démocratique du Congo, la semaine prochaine. 

M. Harper a déjà indiqué aux autorités congolaises, sans sourciller, qu’elles devaient engager des actions en faveur de la démocratie et du respect des droits de la personne. Cette posture de commandement consistera encore une fois pour Ottawa à couper court aux légitimes interrogations qui sont entretenues de toute part sur les responsabilités historiques d’entreprises canadiennes et du gouvernement canadien dans le conflit des Grands Lacs africains ayant fait par millions des victimes au Congo entre 1996 et 2003.


Les faits, les sources

Au début des années 1990, le pouvoir du kleptocrate Joseph Mobutu vacille. Celui qui avait régné en maître absolu pendant plus de trente ans sur le Congo (ex-Zaïre) en ponctionnant allègrement les budgets des sociétés d’État dans le secteur minier se voit lâché par ses anciens soutiens, notamment la Belgique, la France et les États-Unis. Mis sous pression par la Banque mondiale, il ouvre alors à la privatisation le secteur minier. L’aire d’exploration de 82 000 km2 qu’il concède alors à la société aurifère canadienne Barrick Gold fait écarquiller les yeux. Justin Kankwenda, un temps adjoint au Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour les Grands Lacs, présente cette entente dans un de ses livres comme le signal envoyé au monde à savoir que tout est désormais à prendre au Congo.

Il s’ensuivra le déclenchement d’un conflit autour du contrôle des ressources minières, sanglant et traumatisant pour tout un peuple. Au dire du Haut Commissariat sur les droits de l’homme quant aux violations des droits fondamentaux au Congo pendant cette période (le rapport « Mapping » de 2010), des groupes rebelles armés et des représentants d’intérêts gouvernementaux se sont fait la guerre pour sécuriser les gisements, qu’ils concédaient ensuite à des sociétés privées précisément pour financer la poursuite de leur guerre.

Un autre rapport onusien sur la question, publié celui-là en 2002, cite neuf sociétés minières ayant un lien d’inscription au Canada, par exemple l’AMFI, Banro et First Quantum Minerals, parce qu’elles contreviendraient aux principes directeurs de l’OCDE en matière éthique destinés aux multinationales.

Dans la foulée de productions onusiennes, le Parlement congolais à peine sorti des secousses de la guerre a créé au milieu des années 2000 une commission chargée d’étudier les contrats signés en temps de guerre, et conclut dans son rapport, signé par son président Christophe Lutundula, un nombre impressionnant d’ententes outrancièrement inégales signées par des sociétés privées et l’État en guerre entre 1996 et 2003. Ces contrats ultra-avantageux concernent plusieurs sociétés canadiennes, celles que cite l’ONU par ailleurs de même qu’Anvil et Emaxon notamment. Certaines ont ratifié ces ententes à partir de leurs filiales dans les paradis fiscaux.

Une Commission de « revisitation » des contrats miniers a ensuite été mise en place pour avaliser un certain nombre de ces contrats en les restructurant superficiellement, effarouchée de déplaire aux investisseurs étrangers.


Enquêtes

Parmi les sources onusiennes mentionnées plus haut, le rapport d’« experts » mandatés par le Conseil de sécurité de l’ONU du 16 octobre 2002 (S/2002/1146) recommandait aux États d’enquêter sur les sociétés soupçonnées d’avoir profité du pillage des ressources au Congo pendant la guerre. Il ajoute sans équivoque aucune : « Les principes directeurs de l’OCDE offrent en outre un mécanisme qui permet de porter à l’attention des gouvernements des pays d’origine, c’est-à-dire des pays où ces entreprises sont enregistrées, les violations, par elles, de ces principes. Les gouvernements dont la juridiction s’exerce sur ces entreprises se rendent coupables de complicité en ne prenant pas les mesures correctives nécessaires. » Les experts onusiens ajoutent qu’ils n’ont pas eux-mêmes les prérogatives requises pour mener à bien de telles enquêtes.

Or, le Canada n’a jamais donné suite à ces demandes. Il a tout au plus gagné du temps en organisant des Tables rondes consultatives avec différents acteurs concernés, sur le mode stérile de la bonne gouvernance. Le « consensus » qui en est sorti n’a abouti à rien, sinon qu’à la nomination à Ottawa d’un « conseiller en éthique » privé de tout pouvoir, conférant ainsi au Canada son rôle de paradis réglementaire et judiciaire du secteur minier mondial. Aujourd’hui, 75 % des sociétés minières choisissent de s’enregistrer dans le cadre législatif canadien parce qu’il est avantageux pour elles, à maints égards, dans leurs opérations à l’extérieur de nos frontières.


Un Canada néocolonial

Les Québécois et Canadiens mus par des convictions éthiques en sont au même point que l’étaient les Européens à la fin du XIXe siècle. Tout concourt à empêcher l’identification pourtant impérative des responsables des graves souffrances infligées à tout un peuple. À l’époque de la domination coloniale belge au Congo, un simple gestionnaire qui n’y avait jamais mis les pieds, le Britannique Edmund Dene Morel ainsi que le pamphlétaire étatsunien George Washington Williams avaient soulevé les premières interrogations sur les sévices commis par des Européens dans ce pays africain riche en ressources, soutenant des hypothèses graves à partir du croisement de sources et de documents variés. Le diplomate Roger Casement avait ensuite confirmé ces allégations dans le cadre d’une enquête diligentée par le gouvernement britannique. Aujourd’hui, au Canada, une telle enquête n’a toujours pas eu lieu. On se trouve plutôt face à un gouvernement rétrograde qui cherche par tous les artifices d’une propagande d’inspiration coloniale à s’arroger le rôle du grand frère démocrate auprès du Congo, alors que la pression devrait en réalité peser sur lui.

http://www.ledevoir.com/politique/canada/360929/la-guerre-c-est-la-paix




François Hollande lors de la conférence de presse conjointe avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, mardi 9 octobre à Paris.
François Hollande lors de la conférence de presse conjointe avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, mardi 9 octobre à Paris.
AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

Par Ursula Soares

A quatre jours du sommet de la Francophonie qui se tiendra dans la capitale congolaise, les relations se sont encore tendues entre Paris et Kinshasa. Le président français, François Hollande a, une nouvelle fois, critiqué les autorités congolaises, ce mardi 9 octobre, en déclarant que la situation démocratique en République démocratique du Congo (RDC) est « tout à fait inacceptable ». Kinshasa n’a pas tardé à riposter en estimant que le président français était « mal informé ».
Alors qu’il tenait, à Paris, une conférence de presse avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le président français n’a pas mâché ses mots pour décrire sa vision de la RDC et critiquer frontalement Joseph Kabila et son gouvernement. François Hollande – attendu samedi 13 octobre dans la capitale congolaise pour le sommet de la Francophonie - a notamment déclaré que la situation démocratique en RDC était « tout à fait inacceptable ».

François Hollande
Président de la République française
La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition.
09/10/2012 par Guillaume Thibault


La réaction de Kinshasa ne s’est pas fait attendre. Joint par RFI, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a aussitôt rétorqué en estimant que le président français était « mal informé » et que sa déclaration ne correspondait pas à la réalité du pays.
Lambert Mende
Porte-parole du gouvernement de Kinshasa
Pourquoi ne pas reconnaître à François Hollande la liberté d’une opinion ? Nous disons simplement qu’il est mal informé.
09/10/2012 par Guillaume Thibault

Martin Fayulu
Le député membre du groupe des Forces acquises au changement, allié de l’UDPS.
La déclaration du président français est tout à fait juste parce que nous n'avons pas de démocratie, parce qu'il y a une crise de légitimité.
10/10/2012 par Bruno Minas


La France hausse le ton
Ce durcissement des positions de la France intervient alors que, durant l’été, une grande partie de l’opposition congolaise et plusieurs associations, en France, avaient demandé à François Hollande de ne pas se rendre à Kinshasa, pour ne pas cautionner un « régime illégitime en matière de démocratie et de respect des droits de l’homme ». Le président français a finalement décidé d’y aller mais en promettant d’y rencontrer « l’opposition politique, les militants associatifs, la société civile » et de « tout dire, partout ».


La déclaration du président français de ce mardi « est un acte volontaire, dans la continuité de ce que nous avons déjà dit », explique l’entourage du chef de l’Etat français qui ajoute : « Nous voulons un dialogue franc et direct. »

David Assouline
Porte-parole du Parti socialiste.
C'est important d'envoyer ce message. Le fait de choisir d'y aller c'est de tout dire aussi. c'est une autre diplomatie que celle de Nicolas Sarkozy, celle de la clarté.
10/10/2012 par RFI





Et si à Kinshasa l’expression « la situation des droits de l’homme est inacceptable » a froissé, énervé et « n’est pas digne d’un chef de l’Etat », selon un proche du président congolais Joseph Kabila, un conseiller de l’Elysée affirme, de son côté, que « François Hollande ne sera jamais la caution de ce gouvernement congolais ».

Rappelons que la France avait demandé un procès « équitable et transparent » des responsables de l’assassinat, en 2010, du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya, mais une audience cruciale de ce procès a été reportée après le sommet.
La France avait aussi demandé une réforme de la Commission électorale, très critiquée lors des élections controversées de 2011, mais la réforme est toujours en discussion à l’Assemblée. Par ailleurs, la création d’une Commission consultative des droits de l’homme a été annoncée mais pas encore votée.





Quand Hollande fâche la RDC

AFP-BELGA                                                

Mis en ligne le 09/10/2012

Une sortie française qui a le don d'énerver Kinshasa.

Trois jours avant sa première visite en Afrique, le président français François Hollande a haussé le ton mardi vis-à-vis de Kinshasa, jugeant la situation démocratique en République démocratique du Congo (RDC) "tout à fait inacceptable". Au côté du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en visite à Paris, M. Hollande a vivement critiqué la politique de l'immense pays d'Afrique centrale présidé par Joseph Kabila depuis l'assassinat de son père, Laurent Désiré, en 2001.

"La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l'opposition", a-t-il déclaré. Il est attendu samedi dans la capitale congolaise avec une vingtaine d'autres chefs d'Etat et de gouvernement pour le 14ème sommet de la Francophonie.

La riposte de Kinshasa n'a pas tardé. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a affirmé que ce jugement de M. Hollande ne correspondait "à aucune réalité". "C'est au peuple congolais d'accepter ou ne pas accepter une situation au Congo", a-t-il insisté auprès de l'AFP. "Nous sommes le pays le plus avancé dans les droits de l'opposition", a soutenu le porte-parole, suggérant au président français de "compléter son information" pour rendre son voyage à Kinshasa "très utile"...

Ce durcissement des positions intervient alors que, durant l'été, une grande partie de l'opposition congolaise et plusieurs associations en France avaient demandé à M. Hollande de ne pas se rendre à Kinshasa, pour ne pas conforter un "régime illégitime en matière de démocratie et de respect des droits de l'homme" après les élections contestées de novembre 2011 qui ont conduit à la réélection de M. Kabila et à la victoire de son camp aux législatives. M. Hollande avait finalement décidé d'y aller, mais en avertissant qu'il pourrait "tout dire, partout".

De Kinshasa, "pays marqué par un certain nombre de difficultés démocratiques", M. Hollande entend s'adresser "à tous les francophones mais aussi aux Africains" pour leur dire que le français est "une langue de valeurs, de principes". Il a cité "la démocratie, la bonne gouvernance et la lutte contre toutes les corruptions".

Au plan diplomatique, le président français a toutefois pris la défense de la RDC, en évoquant "l'agression" dont le pays est l'objet dans sa partie est et en réclamant la protection de ses frontières. Le conflit du Nord-Kivu y oppose l'armée congolaise au Mouvement du 23 mars (M23), né d'une mutinerie d'officiers tutsis soutenus, selon l'ONU, par le Rwanda voisin.

A Paris, Clément Boursin, de l'association Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), a salué les "paroles fortes" de M. Hollande qui traduisent "certainement le mécontentement de Paris vis-à-vis de toutes les promesses faites durant l'été par les autorités congolaises et qui n'ont pas été tenues". La France demandait un procès "équitable et transparent" des responsables de l'assassinat, en juin 2010, du militant des droits de l'homme Floribert Chebeya Bahizire. Mais une audience cruciale a été reportée après le sommet. L'ONG fondée par Chebeya, qui accuse l'ancien chef de la police nationale, le général John Numbi, d'être le "suspect numéro 1", a dénoncé une "manoeuvre dilatoire".

La France avait aussi demandé - tout comme la Belgique et d'autres membres de la communauté internationale - une réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), très critiquée pour l'organisation des élections controversées de 2011. Réforme qui reste en discussions à l'Assemblée, de même que la création d'une Commission consultative des droits de l'homme, annoncée mais pas encore votée.

"La promesse de délivrer une invitation officielle de l'Etat congolais au cinéaste belge Thierry Michel, auteur d'un documentaire sur l'affaire Chebeya, n'a pas non plus été tenue", relève Clément Boursin. Mardi, Audrey Gaughran d'Amnesty International a regretté, dans un communiqué, que l'"impunité pour les violations du droit international" soit "devenue la règle en RDC".


jeudi 4 octobre 2012

Édito: Congo et Francophonie




Mis en ligne le 04/10/2012
Édito de Marie-France Cros


"Le mensonge peut courir très vite, la vérité finit toujours par le rattraper." Les hommes politiques occidentaux, et en particulier les dirigeants de la Francophonie, devraient méditer ce proverbe nigérian.


Ils se sont en effet obstinés à maintenir le XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa, à la mi-octobre, malgré le retentissant scandale provoqué par les fraudes massives qui ont rendu la présidentielle et la législative de novembre 2011 "non crédibles" selon les observateurs. Malgré les 33 morts enregistrés dans la répression des protestations. Malgré le scandale provoqué par le refus des autorités congolaises, jusqu’ici, d’examiner les accusations pesant sur le chef de la police, le général John Numbi - un proche du président Joseph Kabila - dans l’assassinat du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur. Chebeya entendait ouvrir une action judiciaire contre le chef de la police pour la mort de 134 personnes en 2007 et d’une centaine d’autres en 2008 dans la répression ("excessive", dira l’Onu) de protestations du parti-secte Bundu dia Kongo au sujet d’une élection estimée frauduleuse au gouvernorat du Bas-Congo.
Comme sous Mobutu, les Occidentaux ont jugé préférable de ne pas sanctionner Kinshasa pour "ne pas déstabiliser le Congo" , quitte à trahir leurs idéaux.

A chaque fois, l’impunité a entraîné d’autres crimes. Les Occidentaux ont ainsi perdu à la fois la stabilité du Congo et leurs idéaux.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/764628/edito-congo-et-francophonie.html



Le sommet de la Francophonie sera-t-il délocalisé ?

MFC                                                                                                 

Mis en ligne le 04/10/2012

Des Congolais de France ont entrepris une action en justice en ce sens. La magistrate, qui doit se prononcer ce jeudi, a subi des “pressions”.
C’est ce jeudi qu’un tribunal parisien devrait se prononcer sur la demande d’une association de Congolais de France, Convergence pour l’émergence du Congo, d’ordonner la délocalisation du XIVe sommet de la Francophonie, qui doit se dérouler du 12 au 14 octobre à Kinshasa. En cause, l’absence de démocratie au Congo et les élections, jugées "non crédibles" par les observateurs, qui ont maintenu Joseph Kabila à la présidence et octroyé une majorité à son parti à l’Assemblée nationale.

Les plaignants demandent aussi le remplacement du secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF, dont le siège est à Paris), le Sénégalais Abdou Diouf, pour non-respect de la Charte de la Francophonie qui fixe, parmi les objectifs de l’OIF, l’aide "à l’instauration et au développement de la démocratie " et "au soutien à l’Etat de droit et aux droits de l’homme", et non-respect de la Déclaration de Bamako (2000), par laquelle l’OIF détaillait son appui à la démocratie et notamment l’exigence "d’élections libres, fiables et transparentes".
Selon l’association, en refusant de délocaliser le sommet - comme celui de Kinshasa à Paris en 1991, pour cause de mobutisme, ou celui de Madagascar à Montreux en 2010, après le coup d’Etat dans l’île - Abdou Diouf fait preuve de "partialité" .

L’avocat des demandeurs, Me Norbert Tricaud, interrogé par "La Libre Belgique", souligne pour sa part que "des pressions ont été exercées" par de grandes entreprises françaises "pour que François Hollande se rende bien à Kinshasa. Le Président a finalement annoncé le 27 août qu’il irait, en ouvrant la Conférence des ambassadeurs" de France, placée cette année sous le thème de la diplomatie économique. "Etaient présents dans la salle, ce jour-là, des représentants de Total, Orange, Bolloré et Areva."

Et l’avocat de souligner qu’"Areva a signé avec Kinshasa, en 2009, un contrat d’exclusivité de la prospection d’uranium sur un vaste territoire"; qu’"Orange a racheté récemment Congo-Chine Telecom" , que Bolloré a des visées en RDC et que "Total est opérateur du bloc 3 du Graben albertin", qui recouvre partiellement le Parc national des Virunga, malgré le tollé suscité à l’Unesco par cette violation de la loi congolaise sur les parcs naturels et des engagements internationaux de Kinshasa.

Selon Me Tricaud, l’équipe Hollande "a été impressionnée par le chantage exercé par Kinshasa, menaçant de quitter la Francophonie si le sommet ne se tenait pas" dans la capitale congolaise.
L’avocat dénonce une "intervention tout à fait inhabituelle dans ce type d’affaire" du substitut du procureur de la République, "aux lieux et place de l’OIF", qui n’était pas représentée aux premières audiences. Me Tricaud espère néanmoins que le juge chargé de trancher, "une magistrate expérimentée, aura le courage de prendre une décision lourde de conséquences - à moins qu’elle renvoie une nouvelle fois" à plus tard, soit après l’ouverture du sommet, alors que plainte avait été déposée en urgence.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/764632/le-sommet-de-la-francophonie-sera-t-il-delocalise.html


jeudi 27 septembre 2012

L’ambassadeur de France chez Tshisekedi


Luc Hallade chez Tshisekedi

27 septembre, 2012
luc halladeProbablement dans le cadre des consultations entreprises par l’ambassadeur de France avec les milieux politiques et la société civile, en perspective de la tenue du 14ième sommet de la francophonie qui se tient du 12 au 14 octobre à Kinshasa, Luc Hallade (photo) a été reçu mercredi 26 septembre par le président élu de la RDC, Etienne Tshisekedi, dans sa résidence sur la rue Pétunias à Limite.

A l’issue d’un entretien qui a duré une heure, le diplomate français s’est réservé de tout commentaire. Rien n’à filtré sur l’éventuel face à face Tshisekedi – Hollande. Le nouveau locataire de l’Elysée qui arrive le 13 octobre à Kinshasa, a prévu dans son agenda de rencontrer le même jour le président par défi, Joseph Kabila, et les acteurs de l’opposition politiques et de la société civile.
Comme d’aucuns le savent, le principal parti politique de la RDC, UDPS, boude la participation de François Hollande à ce sommet parce qu’il la considère comme une caution au pouvoir actuel issu des élections très contestées du 28 novembre 2011 dont les résultats au niveau aussi bien présidentiel que législatif étaient jugés non crédibles par les observateurs tant nationaux qu’internationaux.

Dés l’annonce de la participation du nouveau locateur de l’Elysée au sommet de la Francophonie à Kinshasa, l’UDPS est montée au créneau par la bouche de son Secrétaire général, Bruno Mavungu pour dénoncer la volte-face de François Hollande qui avait pendant sa campagne, promis ne pas se rendre dans les pays où le pouvoir est issu des fraudes électorales.
Les proches du sphinx de limite ont estimé que les intérêts économiques de l’Hexagone ont pris le dessus sur la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme tant proclamée par la charte de la Francophonie.

Pour rappel, ce parti phare de la RDC a déposé un mémo à l’ambassade de France pour la délocalisation du sommet de la Francophonie à Kinshasa au nom des valeurs défendues par la francophonie.

Une ONG de droit français, Convergence pour l’émergence du Congo, est en justice en référé contre l’OIF pour la délocalisation du sommet vers un pays respectueux de la charte de la francophonie. L’arrêt est attendu dans les tout prochains jours.

Eric Wemba/CCN

http://www.culturecongolaise.net/?p=10819

République démocratique du Congo: multiplication des attaques contre les défenseurs des droits de l'homme avant le Sommet de la Francophonie





DES JOURNALISTES ET DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME AGRESSES PAR DES INCONNUS APRES AVOIR DENONCE LA DETENTION AU SECRET DU DEPUTE EUGENE DIOMI NDONGALA



L’OBSERVATOIRE: République démocratique du Congo: multiplication des attaques contre les défenseurs avant le Sommet de la Francophonie



Paris-Genève, le 26 septembre 2012. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), déplore la multiplication des attaques et des menaces visant les défenseurs des droits de l’Homme à l’approche du Sommet de la Francophonie…

À quelques semaines de l’ouverture du XIVe Sommet de la Francophonie, qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa, les attaques, menaces et autres actes d’intimidation visant les défenseurs des droits de l’Homme, dont un avocat et deux journalistes, se sont multipliés. Dans un tel contexte, l’Observatoire s’interroge sur la bonne foi des autorités à mettre en œuvre les principes fondateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Ainsi, le 21 septembre 2012, Me Sylvain Lumu, avocat et secrétaire exécutif de la Ligue des électeurs (LE), a été agressé alors qu’il rentrait à son domicile par des individus voyageant dans un véhicule. Les auteurs de cette attaque ont emportés ses téléphones et autres documents trouvés à bord de la voiture.


D’autre part, le 23 septembre 2012, M. Godé Kalonji, journaliste engagé dans la promotion des droits de l’Homme et chargé des alertes au sein de l’ONG Freedom For Journalist (FFJ), a été violemment agressé par un groupe de personnes non identifiées alors qu’il revenait en voiture de son bureau. Ses agresseurs ont emporté son matériel de travail, dont un appareil photo, des téléphones et des clés USB. L’Observatoire s’inquiète de l’état de santé du défenseur des droits de l’Homme, qui a été hospitalisé aux soins intensifs pendant plusieurs jours.

L’Observatoire relève que Me Sylvain Lumu et M. Godé Kalonji avaient récemment été impliqués dans l’organisation d’une conférence de presse tenue le 19 septembre 2012 visant à dénoncer des cas d’enlèvements et de détentions au secret commis par l’ANR, comme celui par exemple du député de l’opposition Diomi Ndongala.


Enfin, le 21 septembre 2012, M. Désiré Kazadi, également journaliste et président de FFJ ainsi que de l’ONG Journalistes pour les droits de l’Homme (JPDH), a fait l’objet de menaces et d’intimidations lors d’un appel téléphonique anonyme mentionnant une lettre qu’il a récemment cosignée avec M. Kalonji et adressée au Président de la RDC, lui demandant la suppression du ministère des communications et des médias.

L’Observatoire craint que ces faits ne soient directement liés aux activités de défense des droits de l’Homme de Me Sylvain Lumu et de MM. Godé Kalonji et Désiré Kazadi, qui ont été particulièrement actifs récemment dans leur dénonciation des violations des droits de l’Homme dans le pays. L’Observatoire condamne donc fermement ces attaques et menaces visant les défenseurs des droits de l’Homme et craint qu’elles ne visent qu’à les intimider à l’approche du Sommet de la Francophonie, auquel les ONG de défense des droits de l’Homme doivent prendre part. Il appelle les autorités à mener une enquête exhaustive et impartiale sur toutes ces agressions et menaces suite aux plaintes déposées par les victimes.

« Une telle multiplication des attaques et des menaces contre les défenseurs des droits de l’Homme n’augure rien de bon à l’approche du Sommet de l’Organisation internationale de la francophonie. », a ainsi déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « Il est impératif que tous les défenseurs des droits de l’Homme puissent s’exprimer dans un cadre sécurisé à la fois pendant et après ce Sommet », a-elle-poursuivi.

Dans ce cadre, l’Observatoire rappelle par ailleurs qu’en vertu de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme de 1998, les autorités de la RDC ont l’obligation de protéger tous les défenseurs des droits de l’Homme de toute forme de violence, menace ou pression.

« Il est impératif que les autorités de RDC se conforment à leurs obligations internationales, et notamment au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui impose aux autorités judiciaires de mener une enquête exhaustive et impartiale sur toutes ces agressions et menaces, et de traduire en justice tous leurs responsables, quelles que soient leurs fonctions. Il en va de la crédibilité des autorités congolaises », a également rappelé Yves Berthelot, président du Conseil exécutif de l’OMCT.

Pour plus d’informations, veuillez contacter:

· FIDH : Arthur Manet, + 33 1 43 55 25 18

· OMCT : Isabelle Scherer, + 41 22 809 49 23