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SACREBOPOL

mercredi 2 octobre 2013

"DÉMOCRATIE CONSENSUELLE" AU CONGO ! RÉINVENTION HEUREUSE OU MALHEUREUSE AUTOUR DES "CONCERTATIONS" ?


La "démocratie consensuelle" en question !!!

J’avais déjà entendu parler de la "démocratie consensuelle" : 
- au Congo même ce modèle n’est pas si nouveau que ça, le 1+4 de notre transition y puise sa source et au décours de toutes ses pérégrinations, certains théoriciens l’ont promue ouvertement et aujourd'hui encore; 
- sur ° http://www.congoindependant.com/index.php un auteur maison, Mr Mayoyo alias NNZ en a fait sa promotion comme solution en Afrique l’opposant à la "démocratie partisane conflictuelle" habituelle partout  ailleurs et les discussions y ont toujours été chaudes  (voir ultra); 
- on parle aussi de démocratie consensuelle dans certains pays comme au Liban où l’unité du pays s’entend à partir de diverses communautés institutionnalisées qui le composent;
- des rwandais l’ont proposé pour leur pays longtemps secoué par des conflits ethniques tragiques…....

A bien regarder, ces différentes formes existantes ou proposées, ont chacune sa particularité mais se rejoignent sur le souci de composer l’unité nationale comme multicommunautaire, une sorte de fédération d’entités ethniques ou confessionnelles ou culturelles… dûment homologuées où dans un Etat pluriel la représentativité au sein des différentes institutions nationales repose non sur une base majorité/opposition mais sur un consensus de la présence de toutes ces différentes communautés ! Ainsi on croit éliminer l’usage négatif des particularités !
Comment définir plus exhaustivement une démocratie consensuelle en général ? Nous y reviendrons plus tard mais pour l’instant occupons-nous de ce qui se propose chez-nous dont l’importance pourtant immense pour l’avenir immédiat (à moyen et à long terme aussi ?) semble échapper à tous !

En effet, à l’annonce officielle des fameuses "concertations nationales" et depuis, les organisateurs ne jurent que par le consensus; les décisions seraient et sont entérinées non à la suite d’un vote majoritaire mais par cooptation consensuelle ! 
Entre les lignes ou plus ouvertement, ils préconisent un bouleversement historique qui abolirait et le système majoritaire habituel, et les alternances de différentes majorités et partant les lois constitutionnelles qui limitent actuellement le nombre des mandats présidentiels (et parlementaires !) !?! Où l’on voit le fameux article 220 forcément désuet (et avec lui toute la Constitution actuelle), et une nouvelle majorité et un gouvernement d’union nationale en seraient (en sont) la conséquence logique !

Les Congolais s’en sont-ils rendus compte ou pas, perçoivent-ils à sa mesure le séisme qui se prépare ???
Perso, pour l’heure, je ne peux dire si c’est là une machination diabolique d’apprentis-sorciers ou une invention géniale heureuse pour l’avenir de notre pays ! Juste je m'étonne qu'alors que "l’identité nationale" apparaît dedans et dehors comme l’acquis le plus actif de notre histoire commune jusqu’à empêcher à ce jour la balkanisation, on semble comme la remettre en cause en mettant en avant une cohabitation difficile qui tient davantage aux individus et forces politiques plutôt qu’à la société…  Fort curieux sinon suspect !
Pour quel avenir national, pour quel meilleur "vouloir-vivre-ensemble" à terme ?

Mais avant d’aller plus loin, prenons connaissance de son contenu dans cet article de Mr Bongongo, Sénateur et Cadre de l’UFC qui en trace très bien de façon concise les contours !



"LA DÉMOCRATIE CONSENSUELLE AU SECOURS DE LA DÉMOCRATIE INSTITUTIONNELLE
Un soir, celui du 28 novembre 2011, un séisme électoral, d’une magnitude jamais enregistrée de mémoire d’homme, s’abat sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo: l’organisation désastreuse des élections présidentielles et législatives par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) provoque une hécatombe et une désolation sociales et politiques d’une ampleur telle que toute la vie de la Nation se trouve désormais ébranlée, et plus particulièrement, celle des institutions de la République.
S’incruste alors, dans la conscience du peuple, une lecture des institutions basée sur une antinomie fondamentale opposant la légitimité à la légalité, avec comme corollaire, un chapelet de malheurs : déficit criant et inacceptable de cohésion nationale, guerre de l’Est, mal gouvernance.
Chacun de nous fait un constat amer : la démocratie institutionnelle est en panne.

DÉMOCRATIE INSTITUTIONNELLE EN PANNE
Les quatre institutions majeures de la République, à savoir le Président de la République, le Parlement, le Gouvernement, les Cours et Tribunaux, demeurent, par la volonté du constituant, le produit du peuple congolais qui s’exprime par la voie des urnes.
L’activité électorale s’impose donc comme le moteur du fonctionnement vital de chacune de ces Institutions, à tel point que la démocratie, dans son essence sociale, ne peut s’exercer en leur sein ni produire des effets à partir d’elles, sans cette référence permanente au souverain primaire qu’est la population congolaise.
Cette activité électorale s’est trouvée profondément viciée et a conduit à des déviations préjudiciables à l’harmonie sociale et à la réalisation des attentes justifiées de la population. Conséquence inévitable : le peuple désespère de plus en plus, une partie importante de la classe politique ainsi que de la Société civile contestent sans cesse tous ceux qui détiennent les rênes du pouvoir d’Etat, à travers les institutions précitées.

La crise de légitimité de ces dernières s’est installée et prend les allures d’une cristallisation progressive qui empêche la RDC de s’engager dans un véritable programme de développement de son espace économique, social et culturel.
Quelle solution à envisager, face à cette situation dramatique qui fait du peuple congolais l’otage, le bouc émissaire et la victime de la  dualité, maintenue irréductible par les acteurs sociopolitiques, entre la légitimité et la légalité des institutions?
Deux solutions se présentent à la nation. La première, radicale, nous contraint d’annuler et de reprendre, sans plus tarder, toutes les élections présidentielles et législatives contestées, en vue de rétablir, à la satisfaction de tous, l’égalité mathématique entre la légitimité et la légalité.
A l’heure actuelle, procéder ainsi appartient à une illusion assassine qui fait fi du manque manifeste de force morale collective, de moyens humains adéquats, de ressources financières disponibles, et d’une CENI compétente, dont souffre outrageusement notre pays.

La seconde solution, résolument consensuelle, relève le déficit considérable pour la nation engrangée par notre pratique vicieuse de la démocratie institutionnelle en termes d’intolérance des uns et des autres, de haine suscitée et entretenue par l’appât de l’exercice du pouvoir au sommet de l’Etat, et de conflits interpersonnels et communautaires.
Elle en appelle à l’amour patriotique de tous les Congolais, en vue de sauver notre pays de son état actuel de morbidité lente mais progressive. Cette solution consensuelle se veut dialogue entre toutes les couches sociopolitiques congolaises, dans un cadre thématiquement et géographiquement bien circonscrit.
Elle se profile à travers la tenue des concertations nationales, au cours desquelles la pratique de la démocratie consensuelle s’accorde à prêter main forte à l’idéal de la démocratie institutionnelle, pour que celle-ci s’instaure progressivement et solidement dans les rouages de l’appareil de l’Etat.

DÉMOCRATIE CONSENSUELLE A LA RESCOUSSE DU MALADE
Nous devons tous reconnaître que notre démocratie institutionnelle est profondément malade. Elle est malade de notre culture politique trop marquée par la recherche effrénée du gain individuel au détriment de celui de toute la collectivité nationale.
Et dans cette quête pour la survie et le positionnement individuels, des camps se forment, des rivalités se créent, des protagonistes se livrent une guerre sans merci : la guerre des mots et des armes, dont la violence lamine une cohésion nationale indispensable pour le développement de notre pays et l’accès de tout un peuple à son bien-être.
La démocratie consensuelle, soumise à l’épreuve du feu de nos passions et ambitions respectives lors des assises des concertations nationales, nous introduit à l’école des concessions mutuelles et des compromis, générés par la dynamique du consensus.

Le consensus n’est pas l’unanimité, car celle-ci se constate après le résultat d’un vote. Il est le point de vue commun partagé par la majorité de chaque composante présente aux assises. Il met chaque fois en exergue l’intérêt supérieur de la Nation.
Expression matérielle d’une démocratie vivante déterminée à placer l’intérêt général du peuple au-dessus de ceux égoïstes des individus et groupes particuliers, la prise de décision par consensus ne connaît ni vainqueur ni vaincu. Elle se nourrit du charisme de l’écoute et du respect des interlocuteurs afin d’en dégager ce qui les unit.
A un moment aussi critique et difficile que traverse notre pays, la démocratie consensuelle, celle du centre, permet d’analyser les problèmes de la Nation avec détachement, en  nous libérant des élans belliqueux provenant de nos extrémismes de droite et de gauche.
Elle prépare des solutions minimales idoines susceptibles de recueillir l’assentiment de tous, de manière à asseoir les conditions optimales pour la pratique d’une vraie démocratie institutionnelle issue des urnes. La démocratie consensuelle, avant d’être une pratique, se veut d’abord un état d’esprit, un comportement politique à acquérir, spécialement lors de ces concertations nationales, de manière à élaborer un programme minimum de la nation qui puisse satisfaire les attentes de notre population.

Si nous réussissons, toutes les composantes sociopolitiques ensemble, ce pari de parvenir à concevoir un programme commun de la nation à réaliser par une équipe gouvernementale ad hoc, l’épineuse question qui devrait se poser à nous est celle de savoir si cette équipe gouvernementale pourrait être issue des différentes composantes sociopolitiques, afin de confirmer la détermination de toute la Nation de s’unir autour de ses leaders politiques et sociaux et de sortir notre pays du marasme dans lequel il se trouve empêtré. C’est une question importante qui mérite un débat de grande facture, digne de la valeur indéniable de la classe intellectuelle Congolaise.
MICHEL BONGONGO
Sénateur et haut cadre de l’UFC"



A la lecture de cette incise, on serait autorisé à se perdre en conjectures : démocratie consensuelle pleine ou gestion consensuelle obligée d’un pouvoir en panne de légitimité ? "Il s'agit d'un modèle où le camp qui gagne des élections (...) doit tenir compte des autres sensibilités, comme l'opposition, la société civile.... Ces dernières doivent être associés à la gestion de la chose publique car c'est leur pays aussi", répond un avis autorisé ! 
Alors ce modèle est-il envisagé pour passer un cap difficile ou faut-il en faire notre système pérenne ? N’est-ce pas là, ruse à se maintenir quand on est tant ébranlé ? 
Quid à l’avenir de système majoritaire qui confie le pouvoir à un camp gagnant puis le lui retire pour l’alternance à sa défaite ? Peut-on encore garder les différents partis ou coalitions d’où chacun parle pourtant aujourd’hui, à commencer le PR? C’est pour le moins confus !

Le comble est que ce recours est l'aveu de l'échec et de illégitimité du pouvoir, ce qui contredit de façon éclatante les dénégations officielles; (que fait ou ne fait pas l'opposition pour ne pas réussir ce recadrage ???)... 
Personnellement j’ai salué le principe d’un "réel dialogue national", indispensable en ce moment de crise totale du pays ! J’adhérai donc déjà à cette notion de "démocratie consensuelle" car mon vœu était bien que les Congolais se parlent les yeux dans les yeux, que Tshisekedi y rencontre Kanambe et qu’au bout en sorte un compromis historique qui débloque ce statu quo meurtrier vers une nouvelle gouvernance gagnante... 

Mais  au-delà du slogan "consensus" chanté sur tous les tons, ces "concertations" ont-elles effectivement représenté un exercice consensuel ? Le manque d’inclusivité a laissé des forces politiques et sociales importantes dehors… Le verrouillage par organisateurs et sujets imposés a grevé la liberté et exclu des sujets majeurs pour l’avenir du pays comme la critique exhaustive du travail de  l’Etat et l’illégitimité combien nocive née du scrutin frauduleux… La présence majoritaire d’un camp ne pouvait que dénaturer le principe du consensus lui-même… Que le destinataire qui décide des recommandations finales soit le PR et que les décisions ne lui soient pas opposables restitue le caractère partisan qu’on devait éviter… Et ne parlons pas de prisonniers politiques non libérés, ce qui était contradictoire au concept de dialogue et ne donnait pas confiance ! Faux consensus !

Alors quels acquis durables pour une meilleure gouvernance peut porter un "dialogue national qui repose d'abord sur "consensus douteux" et non sur le contre-pouvoir critique, sur la vérité (de la gestion) et sur la justice intentée aux coupables ? Quelle est la force d’un pouvoir si équilibriste ?
A part un apaisement immédiat qui risque, hélas, d’être éphémère, j’ai du mal à en percevoir le bénéfice dans la durée ? Déjà dans l’absolu et et alors avec ces ratés pointe le risque de nouvelles forces centrifuges et autant d’occasions pour fragiliser l’unité nationale devenue si molle et si peu exigeante ?

Entre-temps a-t-on tiré les leçons de la traînante expérience du 1+4 quincéphale et de sa suite ?
Les différentes forces politiques ou entités territoriales sont-elles si hétérogènes entre-elles dans notre pays qu’elles ne peuvent cohabiter dans un système démocratique pluraliste traditionnel ?
Contraindre le pouvoir non aux contre-pouvoirs habituels mais à composer constitutionnellement avec ceux qui contestent son autorité qui ne peuvent manquer, nous délivrera-t-il de nos errances ?

Autant d’interrogations légitimes mais j’y reviendrai personnellement
Qu’en pensez-vous ???


Ndo

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