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SACREBOPOL

mercredi 1 octobre 2014

Top secret : la stratégie n°2





Top secret : la stratégie n°2





Les architectes de la révision  constitutionnelle n’avaient jamais prévu ce qui est en train d’arriver. Au début, les choses étaient simples : une majorité  parlementaire qui obéit au doigt et à l’œil, des gouverneurs de provinces toujours aux ordres, une population consciente des risques à ne pas prendre lorsque le pouvoir a déjà parlé…
          Tout baignait donc dans l’huile quand, soudain, des fissures ont été décelées dans l’édifice. Des voix ont commencé à s’élever jusqu’à l’intérieur même de la maison familiale.  Et pendant qu’on pensait que certains fidèles approuvaient, par leur silence,  l’initiative du charcutage de la Constitution, on s’est rendu rapidement compte qu’il s’agissait plutôt d’ une stratégie de survie : ne pas abattre son jeu pour ne pas s’exposer aux ennuis mais agir le moment venu lorsqu’il sera question de faire le choix, tout seul. En âme et conscience.
            Le mal est donc  fait. La découverte de la vérité pousse maintenant les extrémistes à envisager des nouvelles stratégies pour sortir d’une nasse où ils semblent irrémédiablement englués. Jusqu’il y a peu, ils avaient caressé le secret espoir de voir les Américains revenir sur leur position ou, à tout le moins, afficher une certaine tolérance face à une nouvelle démarche tendant à faire avaler des pilules « indirectes » – pardon indigestes – à l’opinion. De toute évidence, on n’est pas sorti de l’auberge mais ce n’est pas pour autant que les auteurs d’idées maléfiques vont se décourager.
            Selon des sources généralement bien informées, deux stratégies majeures se trouvent actuellement sur la table. La première est bien sûr celle de la provocation à travers cette volonté délibérée de violer la loi fondamentale du pays et ce, alors même que les meilleurs de nos constitutionnalistes affirment que la démarche est anti-constitutionnelle. Un expert rappelait hier dans ces mêmes colonnes que contrairement à ce qu’on pense au sein de la majorité parlementaire, nul n’a le droit de toucher au célèbre article 220, et encore moins  au 197, les deux constituant un ensemble totalement verrouillé, non susceptible d’être soumis au référendum. Passer outre cette interdiction, c’est poser un acte de haute trahison pour violation délibérée de la mère de nos lois.
            La seconde idée est celle du contournement qui consiste à  faire semblant d’accepter la situation telle qu’elle se présente, c’est-à-dire évoluer avec le texte constitutionnel tel qu’il est mais tout miser sur la Commission électorale nationale indépendante qui devrait évoquer des raisons techniques sérieuses pour justifier le report de certaines échéances électorales dont celle qui préoccupe la majorité de la population et des partis politiques.
            A en croire des personnes branchées sur la question, cette dernière stratégie aurait la cote parce qu’elle permettrait d’éviter un choc frontal avec  l’Occident. Pour ses initiateurs, il est important de séduire la communauté internationale en adoptant un profil bas et en donnant l’impression que tous les efforts sont fournis pour respecter les textes. Et si donc, à une étape ou une autre du processus, la Ceni se retrouvait handicapée par certaines difficultés, celles-ci pourraient valablement expliquer le non respect de certaines échéances.
            Théoriquement, la stratégie a de quoi attendrir  les esprits peu avertis. Elle pèche cependant sur un point : les exigences d’un calendrier électoral global claironnées dès le départ par ceux que l’on veut séduire. Donnez-nous un calendrier global et nous apporterons notre contribution, avaient-ils dit. Comme en 2006 et 2011. La question est donc de parvenir à convaincre sans avoir fait le geste réclamé.
            Le second défaut de la cuirasse réside dans la crédibilité de la Commission elle-même. Déjà fragilisée par les partis politiques qui en constituent l’ossature, et dont certains pressent leurs délégués de se mettre à l’écart, elle doit aujourd’hui gérer les conséquences du retrait du CIME de l’Eglise catholique romaine dont chaque Congolais  connaît le poids réel dans notre pays. Si, comme on le pense, ce Comité avait pour mission de chloroformer l’opinion pour faire passer les tripatouillages électoraux, on peut d’ores et déjà affirmer que sa mission est extrêmement difficile désormais, pour ne pas dire impossible.
            Dans ce contexte, quelles chances donner à des stratégies qui visent à dribbler la population ? La réponse est simple : nulles ! Alors, au lieu de tourner inutilement en rond, il est souhaitable que chacun accepte de se remettre en question pour jouer, de manière ouverte, le véritable jeu démocratique lequel commence par le respect des textes.
LP

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