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SACREBOPOL

mardi 1 novembre 2011

Sensibilisation de l'électorat


La population appelée à voter sur base des projets de société et non des tribus ou ethnies
Dernièrement, au cours d'un atelier de formation organisé à Matadi, à l'intention des leaders d'opinion, entendez, cadres et acteurs politiques, membres de la société civile, responsables d'Ong et des confessions religieuses ainsi que des journalistes, un appel pressant avait été lancé à ces derniers afin qu'ils puissent contribuer à l'éducation civique en faveur de la population qui se doit de bannir les conflits ethniques basés sur les préjugés et les stéréotypes en cette période cruciale où elle est appelée à élire ses dirigeants. Les organisateurs de cet atelier auront été le Département Femme et Famille de l'Eglise du Christ au Congo en collaboration avec Verbatim's/Justice Plus, un Institut de formation et d'appui pour la prévention des conflits. 

 

Les participants venus d'un peu partout à travers la province (Tshela, Kimpese Boma, Mbanza-Ngungu et Matadi), ont été suffisamment outillés pour encadrer et accompagner la population pour que soit banni la violence et tout ce qui divise. " Elections, questions identitaires et enjeux de l'offre politique en RDC ", aura été le principal thème développé tout au long de cet atelier dont les travaux se sont déroulés au centre de formation du Département Femme et Famille (DFF) situé au siège de l'Eglise du Christ au Congo (ECC/Bas-Congo).

Pour Mme Odette Matsuela Niati, Coordonnatrice du DFF au sein de l'ECC/Bas-Congo, en dépit de tous les préjugés et stéréotypes en défaveur de la femme qui illustrent celle-ci pour qu'elle puisse accéder au leadership politique, l'heure a donc sonné pour que les femmes fassent montre de leurs capacités en vue de s'impliquer dans la gestion de la res publica avec mérite bien sûr et abnégation. Ce qui reste encore un grand défi à relever, a-t-elle relevé.

Les élections qui s'annoncent en République démocratique du Congo constituent un moment pour que les congolaises et congolais réfléchissent sur l'avenir de leur pays, a-t-on indiqué au cours de cet atelier du 12 et 13 octobre 2011. Il sera donc question de réfléchir sur les problèmes de fond pour bien consolider la paix et la démocratie, de promouvoir la bonne gouvernance et la politique noble. Et, c'est là une opportunité pour la Rd Congo de se doter des institutions fortes, celles qui protègent peu après que le souverain primaire se soit désigné des représentants qui vont relever le niveau d'esprit du peuple.

Ainsi, les participants sont restés unanimes à vouloir que les élections du 28 novembre 2011 accouchent des élites innovatrices qui se préoccupent du social de la population congolaise. " Nous voulons cette fois-ci que les candidats nous présentent des projets, des programmes de société qui seront débattus ensemble avec la population ; ceci pour qu'à l'issue desdits projets de société, cette même population sache se choisir des leaders dignes… ", a-t-on clamé. 

Appelée à voter utile, et ce, sur base des programmes de société et non de tribus ou d'ethnies, la population à travers tout le pays, aspire à une vraie démocratie dont les valeurs prônent une justice indépendante, le droit à la liberté d'opinion, d'expression, de mouvement, de réunions, etc. 

Charles Nguvulu

Pour une campagne électorale apaisée


Le sens et non le sang


Au seuil de la campagne électorale en vue des élections des 28 novembre 2011, des scènes de violence sons déplorés ci et là, des scènes qui, non seulement on fait des blessés, mais conduit aussi et malheureusement à la mort d'homme. 



Or, pendant cette période, il est à souhaiter que le sens puisse prévaloir sur le sang. Et pourquoi ? Comme l'avait si bien dit Léopold Sédr Senghor dans son œuvre Négritude et Humanisme il y a déjà plusieurs décennies " Le sang a prévalu sur le sens, l'instinct sur la raison, l'égoïsme sur la générosité. C'est le constat actuellement en RD Congo en général et dans la ville de Kinshasa en particulier.



Vendredi dernier, au niveau du Rond point Ngaba plusieurs dizaines des Kuluna sur des motos ont réussi à disperser des membres de l'UDPS qui chantaient et dansaient pour saluer le début de la campagne électorale, et ce, après en avoir mis K.O quelques uns.



Là où le bât blesse, c'est quand ces Kuluna avaient pour la plupart des pistolets à leur ceinture. A la question de savoir pourquoi la police n'intervenait pas pour faire stopper cette violence, le commandant du sous-Ciat au R.P Ngaba a répondu : " Les autorités savent ce qui se passe dans ce dossier, inutile d'aller se casser le nez. "



A Mbuji-Mayi, on l'a suivi, les violences se sont terminées sur un bilan lourd : 1 mort et plusieurs blessés. De quoi déplorer une fois de plus l'usage disproportionné des forces. Autant on déplore ce qui est arrivé à Kinshasa et à Mbuji-Mayi, autant on déplore l'affrontement entre ce qu'on doit appeler " des frères ennemis ", les 2 ailes de l'UDPS s'étant affrontées, l'affrontement qui a fait plusieurs blessés dont un grave.



C'est donc dans ce climat que Tshisekedi doit arriver, demain mercredi dans la province Orientale en provenance d'Afrique du Sud. Une visite qui est au centre des conversations, Tshisekedi y-a-t-il réussir à maintenir sur le cap, à battre ses records du Katanga et de Kinshasa ou va-t-il trébucher sur les peaux de banane de Médard Autsai ? Il suffit d'attendre et voir, même si beaucoup de sources s'accordent à accepter qu'il s'agit là d'une visite au cours de laquelle tout peut arriver.



 Le code de bonne conduite



C'est face à tout ce qui précède que la signature du code de bonne conduite trouve sa raison d'être. Dernièrement, Human Rights Watch a appelé l'UDPS d'E. Tshisekedi à poser cet acte qui entre dans la droite ligne des élections voulues, crédibles, apaisées et transparentes par tous.



L'Ong des droits de l'homme a commencé par rappeler les actes, non seulement de violence mais aussi de xénophobie enregistrés dans notre pays : le discours de Kyungu wa Kumwanza et les actes de l'UNAFEC son parti contre l'UDPS d'Etienne Tshisekedi, l'incendie du siège de l'UDPS, la mise à sac du siège de l'interfédéral du PPRD, la répression dans la brutalité et dans le sang des manifestations pacifiques de l'opposition et nous nous en passons. C'est après tout ça que Human Rights Watch a appelé l'UDPS d'E. Tshisekedi à signer sans délai le code de bonne conduite. Non sans rappeler que tous les principaux partis politiques ont déjà signé ce fameux document, à l'exception de l'UDPS. Il s'agit là d'un document qui engage spécifiquement les parties à faire preuve de retenue dans leurs propos, à s'abstenir de tout forme de violence et à éviter tout vocabulaire d'intimidation, tout discours haineux ou toute incitation à la violence.



C'est à cette condition, croit-on, que les élections que tous les Congolais appellent de tous leurs vœux, devront se tenir. A moins que Daniel Ngoy Mulunda ait des surprises désagréables à réserver à ce peuple qui voit en ces élections l'unique voie par laquelle mettre un terme à l'arbitraire.



Valentin Wakudinga

samedi 29 octobre 2011

Elections, ça tire à Mbuji-Mayi !




Depuis le lancement officiel de la campagne électorale en République Démocratique du Congo, ce vendredi 28 octobre 2011, le chef-lieu du Kasaï-Oriental, la ville de Mbuji-Mayi connaît une situation troublante sur fond de violences et affrontements entre Kabilistes et Tshisekedistes. On y signal au moins un mort et plusieurs actes de vandalisme impliquant même la police congolaise.
Des incidents ont encore éclaté ce matin dans la partie Nord et Est de la ville. Le cortège du gouverneur de province a été attaqué au niveau de la permanence de l’UDPS, sa jeep officielle est sérieusement endommagée. La résidence d’un catcheur garde du corps du gouverneur est mis à sac dans la commune de Dibindi . Le domicile de la présidente d’un
parti politique proche du pouvoir endommagé. Des informations rapportées notamment par la Radio Okapi.
En représailles, la police a « investis » le siège de l’UDPS, en tirant en l’air et continue de contrôler la permanence du parti cher à Etienne Tshisekedi au quartier appelé SIMIS, toujours d’après la même source. On signal d’autres accrochages dans divers quartiers de la ville.
Via le micro de la radio Onusienne, le secrétaire fédérale chargé de la communication de l’UDPS/Mbuji-Mayi, Jean Pierre Dikoma, a appelé les militants de ce parti au calme.
La Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) s’est dit quand à elle préocuppée par cette situation. Lors d’une intervention toujours à la radio « de la paix », le vice-président de la Ceni, Jacques Djoli, a appelé encore une fois toutes les parties au processus électoral au sens de responsabilité.
Pour rappel, la police a dispersé les militants de l’UDPS, vendredi 28 octobre, alors qu’ils lançaient la campagne électorale de leur parti à Mbuji-Mayi. Déjà la veille tard dans la soirée, à la suite des affrontements entre militants de l’opposition et de la majorité, le porte-parole du gouvernement provincial a annoncé que l’UDPS est interdite de manifestation sur la voie publique durant toute la campagne électorale, prévue jusqu’au 26 novembre.
Vendredi toujours, la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) a annoncé un mort et trois blessés après que la «police ait ouvert le feu» pendant une marche du Parti travailliste à Mbuji-Mayi, capitale de la province du Kasaï Oriental (centre) et fief du leader de l’UDPS Etienne Tshisekedi, l’un des onze candidats à la présidentielle.
Inquiètes de cette «dégradation de la situation sécuritaire», 41 ONG humanitaires et des droits de l’Homme, nationales et étrangères, ont appelé vendredi «tous les acteurs congolais et internationaux concernés à prendre des mesures urgentes pour prévenir la violence électorale, mieux protéger les civils et assurer des élections crédibles, libres et transparentes».
Depuis mars, l’ONG Human Rights Watch a de son côté relevé «des dizaines de cas de discours haineux manifestement basés sur des critères ethniques, ainsi que d’incitation à la violence, de la part de candidats politiques et de leurs partisans», dans plusieurs provinces du pays, notamment à l’est, une région instable où des groupes armés sont toujours actifs.
Autre inquiétude: la tenue effective le 28 novembre des deux scrutins à un tour. Depuis quelques semaines et avec une insistance accrue à mesure que l’échéance approche, les regards sont tournés vers la Commission électorale nationale indépendante (Céni) pour savoir si elle arrivera à respecter ce calendrier serré.
Des observateurs électoraux du Centre Carter ont évoqué récemment une «menace sérieuse» sur le maintien de la date, due à des retards et contraintes logistiques et techniques, et ont demandé à la Céni de redéfinir un calendrier «alternatif et réaliste», si nécessaire.
Il n’y aura «ni report ni découplage» des scrutins, ne cesse pourtant de répéter le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président de la Céni.
La Commission électorale, aidée par la Monusco, doit relever le défi de déployer en un mois quelque 186.000 urnes et 64 millions de bulletins dans les 62 000 bureaux de vote répartis dans un pays grand comme près de quatre fois la France et aux infrastructures délabrées.
M. Tshisekedi, qui avait boycotté les élections de 2006 en les jugeant «entachées d’irrégularités», entamera en début de semaine prochaine une tournée dans l’est de la RDC.
Dans le camp de la majorité, on assure que le président sortant Joseph Kabila «visitera toutes» les 11 provinces du pays où 32 millions d’électeurs sont appelés aux urnes.
Deux autres principaux candidats à la présidentielle, les opposants Vital Kamerhe, ex-président de l’Assemblée nationale qui a quitté la majorité en 2010, et Léon Kengo, président du Sénat, devraient cibler plus particulièrement certaines provinces, selon leur entourage.

Benjamin Litsani Choukran,
Direct.cd

Le lancement de la campagne électorale fait un mort et des blessés



Ngoy Mulunda, président de la Ceni, annonce lors d'une conférence de presse le début des campagnes présidentielle et législative.
Ngoy Mulunda, président de la Ceni, annonce lors d'une conférence de presse le début des campagnes présidentielle et législative.
AFP PHOTO/Junior KANNAH

Par RFI
Une personne a été tuée et trois autres blessées par balles, vendredi 28 octobre 2011, dans le centre de la République démocratique du Congo, à Mbuji-Mayi, lors d'une manifestation du Parti travailliste, qui marquait le début de la campagne pour les élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011.

Des militants de l’opposition sont descendus dans la rue pour célébrer le début de la campagne électorale. La police est alors intervenue pour les disperser, selon des témoins joints par RFI à Mbuji-Mayi. Les forces de l'ordre ont utilisé des armes à feu pour briser la résistance des manifestants.
Après cette intervention musclée de la police, la foule en furie a détruit deux habitations appartenant à quelques membres de la majorité présidentielle. Mbuji-Mayi, c’est le chef lieu du Kasaï-Oriental, le fief de l’éternel opposant Etienne Tshisekedi, leader de l’UDC.
Très préoccupé par ces événements, Roger Meece, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, a demandé au gouvernement d’ouvrir « immédiatement » une enquête sur cette affaire. « La liberté de rassemblement, le débat politique libre et démocratique, la liberté d’expression doivent être protégés durant la campagne électorale », a aussi déclaré la Monusco.

Manodje Mounoubaï
Porte-parole de la mission de l'ONU en RDC (Monusco)
Des coups de feu ont été tirés par la police nationale. Une personne est décédée et trois autres sont à l'hôpital. Il y avait déjà eu des incidents entre partis politiques.
 

29/10/2011 par Sarah Tisseyre
Cependant, contrairement à la rumeur qui circulait, concernant les coups de feu à Lubumbashi, à proximité de la résidence présidentielle, après vérification, ce n’était que des feux d’artifice lancés à partir des quartiers environnements.
Couplage ou découplage
L'opposant Vital Kamerhe, leader de l'UNC, l'Union pour la nation congolaise, ne partage pas l'avis de l'Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS) qui s'est prononcée en faveur du découplage des élections presidentielle et législatives du 28 novembre prochain. Pour Vital Kamerhe, commencer par l'élection présidentielle constitue un danger.

Vital Kamerhe
Président de l'Union pour la nation congolaise (UNC)
Qu'est-ce que nous devons faire ensemble pour éviter qu'au 28 novembre, nous constations que nous n'avons pas de bonnes élections, qui vont nous plonger dans des violences inutiles ? Nous disons non au découplage : il faut faire les élections présidentielles et législatives au même moment pour que la démocratie triomphe.
 

29/10/2011 par Kamanda Wa Kamanda
Enfin, pour pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président de la Comission électorale, il n'y aura « ni report ni découplage » des scrutins. La Commission, aidée par la Monusco, doit déployer en un mois quelque 186 000 urnes et 64 millions de bulletins dans les 62 000 bureaux de votes.


Accrochages entre militants du pouvoir et ceux de l’opposition



 – Une vue aérienne de la ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental (RDC).  Panoramio.com/Ph. VINCENT Francois– Une vue aérienne de la ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental (RDC). Panoramio.com/Ph. VINCENT Francois











Des partisans de la Majorité présidentielle (MP) et ceux de l’opposition se sont affrontés, ce samedi 29 octobre matin, dans la partie Nord et Est de la ville de Kasaï-Oriental. Ces incidents ont fait des dégâts matériels de part et d’autre. La  jeep officielle du gouverneur Ngoy Kasanji a été sérieusement endommagée.
Les violences ont éclaté tôt le matin de ce samedi au quartier Simis qui constitue le bastion de l’UDPS. Les militants disent avoir été provoqués par le cortège du gouverneur de province qui battait campagne dans cette partie de la ville.
Selon des témoins, la résidence d’un sportif, garde du corps du gouverneur, a été mis à sac et celle de la présidente de l’ACDD, un parti politique proche du pouvoir, endommagé par les membres du parti de l’opposant Etienne Tshisekedi.
En  représailles, les militants du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), qui soutient Joseph Kabila, ont attaqué la résidence d’un candidat député de l’UDPS, située juste à côté de la représentation dela Banque centrale du Congo (BCC). Sur place, tous les insignes du parti ont été arrachés et mis à feu.
La police a saccagé la permanence de l’UDPS au quartier Simis, ont indiqué les mêmes sources.
Le secrétaire fédérale chargé de la communication de l’UDPS/Mbuji-Mayi, Jean Pierre Dikoma, a appelé les militants de ce parti au calme:
«Nos combattants doivent garder leur moral toujours très haut. Ils ne doivent pas céder à la provocation et ne doivent pas non plus provoquer les gens, pour que nous puisions atterrir en douceur.»
Ce samedi, jusqu’à midi (heure locale), les deux camps se regardaient toujours en chien de faïence.
Appel de la Ceni
Suite à cette tension qui a prévalu à Mbuji-Mayi, samedi, soit un jour après le lancement officiel de la campagne électorale pour la présidentielle et législatives du 28 novembre, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) se dit préoccupée.
Dans cet extrait sonore, le vice-président de la Ceni, Jacques Djoli, a appelé encore une fois toutes les parties au processus électoral au sens de responsabilité:

La police a dispersé les militants de l’UDPS, vendredi 28 octobre, alors qu’ils lançaient la campagne électorale de leur parti à Mbuji-Mayi.
Déjà la veille tard dans la soirée, à la suite des affrontements entre militants de l’opposition et de la majorité, le conseil provincial de sécurité s’est réuni.
Au terme de la rencontre, le porte-parole du gouvernement provincial a annoncé que l’UDPS est interdite de manifestation sur la voie publique durant toute la campagne électorale, prévue jusqu’au 26 novembre.

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jeudi 27 octobre 2011

TIRANT LES CONSÉQUENCES DU PROBABLE REPORT DES ELECTIONS


 

Ce qui se disait hier dans des cercles fermés est presque connu aujourd’hui du grand public: les élections devraient être reportées à une date ultérieure. A un jour du début de la campagne électorale, les acteurs impliqués dans le processus électoral devraient se retrouver afin de négocier un nouveau calendrier.

«Malgré son courage et son zèle, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda sera obligé de reporter les élections prévues le 28 novembre prochain, jurait un député de l’opposition. Il est en train de chercher comment annoncer cette nouvelle». De son côté, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le professeur Jacques Ndjoli se montrait modéré. Partout il passait, il avait un discours mesuré.
Il faut dire que les autorités de la CENI manquaient, jusque-là, du courage pour annoncer ce report depuis plusieurs mois. En effet, plusieurs sources affirment que lors de la dernière rencontre entre les acteurs politiqués congolais et la CENI à Addis-Abeba, en Ethiopie, les délégués de l’organe organisateur des élections avouaient que «leur institution était prête à organiser des élections politiques le 28 novembre, mais qu‘elle n‘était pas techniquement à cette date».
Selon des sources proches de la CENI, les acteurs impliqués dans le processus électoral en RDC devraient se retrouver autour d’une table à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO). En clair, le bureau de la CENI, les partis politiques, le gouvernement et peut-être la Société civile (oubliée dans l’organisation des élections en RDC) se retrouveront pour négocier un nouveau calendrier électoral.
Pour tout dire, la Majorité présidentielle (MP) conduite par Joseph Kabila, l’opposition dans sa dimension plurielle et les autres acteurs impliqués dans le processus électoral en RDC devraient se parler pour trouver un modus vivendi quant à la tenue des élections. Selon certaines indiscrétions des discussions en vue risquent d’être difficiles dans la mesure où l’opposition aile Tshisekedi compte remettre en cause la légitimité du Chef de l’Etat en place.

Des rumeurs des couloirs
Il y a quelques jours, des rumeurs persistantes circulaient à propos du report des élections. Selon certains indiscrétions, l’élection présidentielle devrait être maintenue à la date du 28 novembre 2011 et les législatives, elles, devraient être organisées le 15 janvier 2012. Reste à savoir si les futures négociations entre les différents acteurs impliqués dans le processus aboutiraient à ce schéma.
L’annonce de ce report des élections va certainement soulever des débats houleux dans les milieux politiques. Mardi soir sur les antennes de la RTVS1, Franck Diongo, vice-président de la Dynamique Tshisekedi Président (la structure qui soutient la candidature du leader de l’UDPS) déclarait que son camp n’est pas prêt à reconnaître à Joseph Kabila les qualités de Chef de l’Etat si l’élection présidentielle n’a pas lieu le 28 novembre prochain. Que va-t-il se passer le 7 décembre 2011, un jour après l’expiration du mandat constitutionnel de Joseph Kabila à la tête du pays?

Consulter la Cour Suprême
Interroger à ce sujet par nos confrères de la RTVS1, l’honorable Christophe Lutundula, juriste de formation, a reconnu la Constitution, dans le cadre de la continuité de l’Etat, stipule que le président en fonction quittera son fauteuil le jour de l’intronisation du nouveau président élu. La même disposition, a-t-il soutenu, vaut pour les députés nationaux et les sénateurs.
Toutefois, a soutenu Christophe Lutundula, la Cour Suprême, régulateur du pouvoir doit être consultée afin de donner son avis. Certes, la Cour Suprême ne posera aucun problème pour prolonger le mandat de députés, mais surtout du Chef de l’Etat. D’aucuns veulent connaître la position des leaders de l’opposition. La fin de cette semaine risque d’être riche en événements politiques en RDC.
Thomas NABOR