Powered By Blogger

Pages vues le mois dernier

Translate

SACREBOPOL

jeudi 1 mars 2012

Primaires républicaines aux USA :


Beaucoup de citoyens américains pensent en effet, que leur président doit briser son silence pour approuver ou désapprouver le rapport de la fondation Carter sur les élections du 28 novembre 2011 en République Démocratique du congo. Battant campagne lundi dernier dans le cadre des primaires américaines pour le compte du parti républicain, le candidat Mitt Romney que les sondages sur les intentions de votre placent en première position pour faire face au candidat démocrate lors de prochaines présidentielles, a tenu lundi dernier une série de réunions publiques au cours desquelles il s’est mis littéralement à tacher Barack Obama, candidat démocrate à sa propre succession à la Maison Blanche !

Parlant à cette occasion des Etats-Unis d’Amérique qui se positionnent comme les plus grands et meilleurs défenseurs de la démocratie à travers le monde ; parlant particulièrement du président Obama qui fait de la démocratie son cheval de bataille électorale, Mitt Romney n’a pas manqué de critiquer violemment son pays pour n’avoir pas défendu la démocratie là où elle a été exportée par son pays notamment en Afrique.

Evoquant la situation qui prévaut actuellement au Congo-Kinshasa suite aux élections tenues de la manière que l’on sait le 28 novembre 2011, le républicain Mitt Romney a posé la question suivante à l’électorat de son pays qui s’apprête à élire son futur président : “ qu’attend Barack Obama pour défendre la démocratie bafouée dans ce pays”?
En effet, pour beaucoup de citoyens américains, le parti démocrate professe la démocratie partout à travers le monde mais ne cherche pas à défendre celle-ci lorsqu’elle se trouve dans une passe difficile. Ils en veulent pour preuve la caution apportée par l’administration Obama aux résultats des élections tenues dernièrement au Congo Kinshasa alors que celles-ci n’ont pas été conformes aux principes classiques de ce mode de gouvernement.

Rejoignant donc le point de vue exprimé par une frange importante de ses compatriotes, Mitt Romney pense que le locataire actuel de la Maison Blanche doit démontrer que son part reste connecté aux sources de la démocratie et qu’il est prêt à défendre celle-ci partout et en toute circonstance.

Les forces politiques qui comptent

A ce moment précis où le monde libre se mobilise pour mieux comprendre ce qui il est réellement passé au Congo-Kinshasa dès le début du processus électoral en cours jusqu’à la date du 28 novembre 2011, Mitt Romney profite de l’occasion ainsi offerte pour demander au chef de l’Etat américain de briser l’inquiétant silence qu’il observe pour approuver ou désapprouver le rapport dressé par la fondation Carter sur les élections tenues dans ce pays à la date mentionnée ci-dessus !

L’opinion publique américaine attend impatiemment la réponse de Barack Obama à l’interpellante question de celui qui passe déjà pour être le virtuel challenger de ce dernier aux prochaines présidentielles des Etats Unis mais alors pourquoi ?
Aux Etats Unis l’opinion publique veut savoir avec quelles forces politiques qui comptent au Congo-Kinshasa composer pour consolider la puissance multiforme du pays actuellement menacée par la coalition économies émergentes du Sud !
Or, pour se faire valoir aux yeux des électeurs potentiels du pays les candidats de deux pôles politiques en présence (Démocrates au pouvoir et Républicains dans l’opposition) se livrent une bataille farouche pendant cette période des primaires pour préparer les citoyens du pays à voter en parfaite connaissance de causes.
Le Congo-Kinshasa étant un pays d’avenir pour le monde libre, les peuples des Etats-Unis considèrent que leur absence sur le théâtre des évènements qui s’y déroulent est un demi-suicide à éviter à tout prix !
Tout dépendra donc de comment Washington va gérer la situation politique prévalant actuellement dans ce pays en s’appuyant sur les forces les plus représentatives du peuple.



  KAMBALE MUTOGHERWA

mercredi 29 février 2012

SALAIRES DETOURNES A LA CHAMBRE :

Pris dans son propre piège et sans issue, l'élu de Mweka brandit dans la presse et à la hâte un tableau explicatif de la paie des agents administratifs du mois de janvier 2012 pour justifier une charge située en mai 2011 et des dépassements de 2010. 

 Malgré des papiers pré-montés distribués dans la presse locale dévalorisée, l'ancien speaker PPRD de l'Assemblée nationale, Evariste Boshab, accusé de détournement des salaires des agents administratifs de la chambre basse du Parlement RD-Congolais, n'a pas su se tirer d'affaires. Boshab est au contraire coincé par les dates et les chiffres. Il a exhibé un tableau explicatif de la paie du mois de janvier pour tenter de justifier une situation qui date de mai 2011. Sans conteste, Boshab s'est démonétisé. Il a versé dans la manip étalant même un document où une signature est attribuée à deux personnes pour deux rubriques différentes ! Ridicule.

 Les financiers rient sous cape.

Ils se moquent de la minable réaction d'Evariste Boshab à l'article d'AfricaNews dénonçant le détournement des salaires des agents administratifs de l'Assemblée nationale. Minable parce que reproduite sous forme d'articles jumeaux ou de papiers sosies exposés toute honte bue dans les colonnes de nos estimés confrères CONGO NEWS et La Référence Plus -prière de savourer en facsimilés. C'est à croire que les collègues se sont concertés pour rédiger ce pré-monté de Boshab tant leurs livraisons présentent d'étranges similitudes à tous les niveaux : mots, construction des phrases, style et ton. L'unique point de différence apparaît dans la titraille et dans la signature. On est descendu si bas! On s'est laissé envoûter. L'auteur de l'envoûtement est le même qui a rédigé cette réaction atypique : Evariste Boshab dont le directeur de Cabinet adjoint Kodjo a appelé la direction du journal pour savoir si le cabinet pouvait envoyer un droit de réponse.

Kodjo a tenté inutilement de forcer une porte déjà ouverte par la Loi régissant la presse en RD-Congo. En lieu et place d'un droit de réponse ou d'un démenti, l'équipe de l'ex-speaker tente de nous opposer à des confrères.

Boshab veut se dédouaner en recourant à son exercice favori, le mensonge. Après avoir menti aux syndicalistes de l'Assemblée nationale, Boshab a réussi à duper les confrères, les patrons des médias, avec l'intention de manipuler toute la République.

Pour se défendre contre les charges de détournement de salaires situé au mois de mai 2011 confirmées par les documents de la Division des Finances de l'Assemblée nationale et ceux officiels transmis par les ministères du Budget et Finances, Boshab n'a pas trouvé mieux que de soudoyer les médias et faire publier, à la hâte, un tableau de répartition de la paie de l'Administration du mois de janvier 2012 ! Le doc attribué au Bureau Traitement de la Division des Finances de l'Assemblée nationale, porte les signatures du questeur Bolengetenge Balea, également cité dans le rapport, et du chef de Bureau Traitement ai Kabongo N'Samu. Déo Indulu, Chef de Division des Finances, n'a apparemment pas été contacté pour apposer lui aussi sa signature au bas du document qu'il a pourtant l'habitude de signer.

 Médias instrumentalisés

Il n'y a cependant pas de commune mesure : documents, dates et chiffres coincent un Boshab pris dans son propre piège et sans issue. Alors que le fameux tableau qui le grille est tapé à la machine, une mention Cpté/Caisse reprise dans sa partie supérieure droite reprend à la main un montant de USD 466.952 et la date du 7 février 2012. L'ex-speaker n'a donc rien prouvé. Il n'a ni démonté les écrits du journal, ni anéanti le rapport du syndicaliste Bertin Ngueshe, devenu la cible de tous les pro-Boshab. Notre consoeur La Prospérité s'est même évertuée à vouloir démontrer l'illégalité de la mission du syndicaliste. L'élude Mweka s'est démonétisé. Sa ligne de défense est faible. Le tableau destiné à le tirer d'affaires porte même une signature pour deux rubriques attribuées à deux catégories. Nul ne sait déterminer si la signature est de Bosongo, chargé de la paie des retraités ou de Mputu, qui s'occupe des décédés. C'est obscur. L'autre parade de Boshab est l'accusation portée contre des ennemis politiques qu'il n'a jamais cessé de voir partout! Trois à quatre autorités haut placées ont été littéralement menacés d'avoir vendu la mèche à AfricaNews. Boshab a même promis de faire des malheurs à votre Tri-hebdomadaire. Les confrères tombés dans son panneau ont servi à l'opinion une reproduction de ces inepties sans aucun effort de traitement ni d'analyse documentaire d'un article écrit par les bons soins d'un député dont le mandat pourrait être mis en ballotage par la Cour suprême de justice. Dans un autre pré-monté sorti chez un autre pair et intitulé Boshab en danger ! -mais de quoi ?-, de fausses explications sont également avancées. L'auteur se contredit à plusieurs reprises. Pour illustrer, il soutient que l'administration de l'Assemblée nationale ne dépend pas d son président mais et, évoquant l'article 211 du Règlement intérieur, il affirme: «l'Administration de l'Assemblée nationale est placée sous l'autorité du président de l'Assemblée nationale et dirigée par le secrétaire général». L'auteur se rend risible là où il veut faire croire que l'accusation de détournement de FC 168.260.591,01 relève de l'imagination mais prétend en même temps qu'il s'agit «d'un effort de combler le déficit ... comme le fait tout gestionnaire responsable et bienveillant à l'endroit de ses agents». Un détournement bienveillant, ça devrait exister quelque part ! A Mweka, à Ilebo ? Certainement pas.

Bolengetenge enviait son adjoint

Si le confrère était lucide, il aurait réalisé qu'il se laissait manipuler. Il aurait pu lire attentivement le tableau des écarts des rémunérations des institutions politiques et assimilés des mois d'avril et mai 2011 délivré par le ministère du Budget pour découvrir la vérité. Il aurait également compris qu'en vertu de l'unicité, les chiffres fournis par les ministères du Budget et des Finances devaient être identiques à ceux brandis par la Division des Finances de l'Assemblée nationale. Il se serait posé la question de savoir pourquoi au mois de mai 2011, le gouvernement avait subitement eu pitié de l'Assemblée nationale en prenant en charge la prétendue partie de salaires octroyée aux agents administratifs puisée dans la rubrique Fonds d'intervention spéciale. Il aurait tiqué quand le même gouvernement est revenu sur sa décision aux mois de juin et juillet 2011 suivants. Il aurait aussi remarqué que pour le mois de juillet 2011, la seule signature d'un certain Kanongo par ordre du chef de bureau Traitement Kolo Buanga aurait suffi pour libérer l'ensemble de la paie de l'Administration ! Il en aurait certainement déduit à une gestion calamiteuse de la Chambre. Le confrère aurait enfin constaté que, hormis le tableau du mois de janvier 2012, M. Bolengetenge signe toujours  comme Questeur adjoint de l'Assemblée nationale en lieu de place du vrai Adjoint, le nommé Robert Bopolo. Mais pourquoi a-t-il toujours été éloigné de ces opérations, l'honorable Bopolo? En justice, cela s'appelle défaut de qualité. Preuve suffisante à elle seule qu'il y a eu détournement. Mais je comprends, les confrères n'ont eu ni la possibilité, ni le temps de regarder les documents qui accompagnaient le pré-monté de la honte. Il fallait faire vite, dans les conditions exigées par le commanditaire et ne rien demander. Résultats : ça coince !



  AKM

Les tribulations de "Moïse" à Bruxelles




Moïse Katumbi Chapwe, le gouverneur sortant de la province du Katanga


«The Hotel», l’ex-Hilton de Bruxelles a connu, vendredi 24 février dernier, une soirée mouvementée. En cause, les activistes politiques de la diaspora congolaise, mieux connus sous l’appellation de "Combattants", ont repéré dans cet établissement la présence de Moïse Katumbi Chapwe, le très bling bling gouverneur de la province du Katanga. Arrivé la veille dans la capitale belge à bord de son jet privé en provenance de Lubumbashi, l’homme devait assister à un match opposant l’équipe d’Anderlecht à celle de Lierse. Pour la petite histoire, plusieurs joueurs du Tout-Puissant Mazembe - dont le "Gouv" est le "boss" - évoluent à Anderlecht. C’est en regagnant son hôtel flanqué par pas moins de dix "gorilles" que "Moïse" a eu une altercation avec des "Combattants".

Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien à Kinshasa-Lez-Immondices, "Moïse" a tenté dans un premier temps d’engager une négociation avec ses compatriotes. Rien n’y fit. Le ton est monté de part et d’autre. Les "gorilles" et les membres du service de sécurité de l’hôtel se sont interposés entre le "Gouv" et ses "agresseurs". Celui-ci va, finalement, avec l’aide de la police d’Ixelles changer d’hôtel pour s’abriter dans la suite royale 412 à 5.200 euros la nuit de l’hôtel Conrad sur la prestigieuse avenue Louise.

Pour mon ami, l’argent n’est pas un problème pour le "katangais". Le repli sur le Conrad n’était, en réalité, qu’un leurre. Katumbi s’est refugié dans sa villa située dans le quartier huppé d’Uccle laissant au Conrad la délégation qui l’accompagnait. Question d’éloigner toute menace sur sa personne.

Mon ami qui sait décidément tout de constater que la suite royale louée au "Conrad" est restée désespérément vide pendant les deux jours que "Moïse" jouait au chat et à la souris avec ses "poursuivants". Coût total : dix mille quatre cent euros. Dimanche 26, dit mon ami, tout ce beau monde prit place à bord des limousines louées pour l’occasion en direction d’Abelag, l’aéroport réservé aux avions privés de prestige.

Tout en condamnant toute forme de violence, mon ami me dit qu’il est scandaleux de voir les autorités de la République très très démocratique du Congo venir en Occident étaler leur opulence pendant que la population congolaise broie du noir. C’est du plus mauvais effet. D’autant plus, poursuit-il, que le gouverneur s’est cru en devoir de distribuer des pourboires princiers au personnel de l’hôtel. Du concierge aux voituriers, chacun s’est mis cent dollars américain en poche. La sécurité n’a pas de prix.

Mon ami de se souvenir d’un adage français : "Où force règne raison n’a lieu".


Jacky Mopipi 
© Congoindépendant 2003-2012

ET SI KABILA DESIGNAIT CARREMENT UN FORMATEUR ?


    Aux termes de l’article 78 de la constitution, il est dit : « le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la Majorité parlementaire après consultation avec celle-ci…Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition. La mission d’information est de trente jours renouvelable une fois. Le Président de la République nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions sur proposition du Premier ministre. »

    A la lumière de cette disposition, on comprend qu’il n’est pas impossible de passer tout le mois de mars sans Gouvernement. Parce qu’il faudra se conformer à la Constitution, la situation actuelle renseigne qu’aucun parti politique n’a la majorité absolue (250+1) pour prétendre s’imposer sur les autres formations politiques. Certes, le parti présidentiel, Parti du peuple pour la reconstruction et  la démocratie (PPRD) a  présentement la majorité numérique par rapport aux partis concurrents. Mais, avec ses 56 députés nationaux élus sous son label, le PPRD est loin de constituer la majorité exigée pour se taper les prérogatives de présenter un candidat Premier ministre. D’où, l’impératif de coaliser. Il semble que cette étape a déjà été franchie. Moralité, le PPRD est passée de 56 députés à plus de 148 élus.

    Compte tenu des enjeux, Joseph Kabila a sans doute un double choix. Soit qu’il devra s’en tenir à la procédure c’est-à-dire désigner un informateur, soit carrément choisir un formateur. Au cas où la première alternative passe, alors  on est logiquement parti pour début avril. Car, après avoir nommé le Premier ministre, l’article 90 prévoit à son alinéa 3 que « (…) avant d’entrer en fonction, le Premier ministre présente à l’Assemblée nationale le programme de son Gouvernement. Lors que celui-ci est approuvé par la majorité des membres qui composent l’Assemblée nationale, celle-ci investit le Gouvernement ».

    Tout bien considéré, les jours passent vite. Joseph Kabila dont la « révolution de la modernité » tient à la règle de son second quinquennat, n’a plus de temps à perdre. Il a besoin d’un Exécutif national, institution privilégiée avec laquelle le Président de la République devra discuter les grandes lignes de la politique de gestion du pays. Voilà qui explique, en d’autres termes, sa rencontre hier lundi 27 février avec le bureau provisoire de l’Assemblée nationale.
Laurel KANKOLE    

lundi 27 février 2012

"Médiation" :


«Tshitshi» chez les «Germains»


L’ambassadeur d’Allemagne au Congo-Kinshasa, Peter Blomeyer. Photo ambassade d’Allemagne


Sur invitation de Peter Blomeyer, ambassadeur de l’Allemagne à Kinshasa, le couple Tshisekedi a dîné, vendredi 24 février, avec quelques diplomates européens. Ce repas, qui a eu lieu à la résidence du diplomate allemand, semble inaugurer la «médiation» que le leader de l’UDPS espérait voir la «communauté internationale» se charger pour sortir le Congo-Kinshasa de la crise politique née au lendemain de l’élection présidentielle et des législatives du 28 novembre dernier. Il avait exprimé ce vœu le vendredi 23 décembre après sa contre-prestation de serment. Certains milieux de l’opposition se mettent déjà à rêver d’un "compromis historique" sous la forme d’un "second tour" de la présidentielle en vue de départager Tshisekedi et «Kabila». Utopie ? 
Analyse

Dans une déclaration faite à l’issue du dîner de vendredi avec le couple Tshisekedi, l’ambassadeur d’Allemagne à Kinshasa, Peter Blomeyer, cité par radio Okapi, a semblé «relativiser» la portée de cette rencontre. Il l’a inséré dans le cadre des «contacts» qu’il a avec «tous les acteurs politiques». En diplomatie, il est archi-rare qu’un diplomate invite un citoyen du pays d’accueil - a fortiori un acteur politique de premier plan - juste pour partager une tasse de thé ou un repas pour parler de la pluie et du beau temps. L’art de résoudre les différends par la négociation, la diplomatie a besoin de dialogue mais aussi de discrétion.

L’ambassadeur Blomeyer a sans doute jugé prématuré de divulguer la teneur de son entrevue avec le leader de l’UDPS et principal rival du président sortant «Joseph Kabila» au scrutin récent présidentiel.

Ceux qui avaient «enterré», un peu trop tôt, Etienne Tshisekedi wa Mulumba se seraient-ils rendus compte finalement que, malgré les incohérences de sa communication, l’homme reste une partie de la solution à la crise grave que traverse le Congo-Kinshasa ? La démarche diplomatique allemande est perçue par certains membres de l’opposition pro-Tshisekedi comme l’amorce de la «médiation internationale» souhaitée par ce dernier pour décrisper l’atmosphère politique. Certains tshisekedistes n’hésitent pas affirmer que leur «champion» est disposé à mettre un peu d’eau dans son vin pour trouver une «solution». "Reste à savoir si Tshisekedi qui a passé plusieurs années de convalescence boit encore du vin", ricane un "kabiliste modéré".

Une puissance décomplexée 

Première puissance économique de l’Europe en général et des «Vingt-sept» en particulier, l’Allemagne exerce un leadership économique et financier incontesté au sein de l’Union européenne. Ayant perdu ses colonies de l’Afrique de l’Est
(Rwanda, Urundi et Tanganyika) au lendemain de la première guerre mondiale (1914-1918), l’Allemagne semble «décomplexée» dans ses rapports avec les Etats africains. Et ce, contrairement aux anciennes puissances coloniales telles que la France, la Belgique et la Grande Bretagne lesquelles s’impliquent un peu trop dans le débat politique interne dans leurs anciennes possessions. Ces puissances n’hésitent pas à clamer leur sympathie ou antipathie à l’égard de tel ou tel autre acteur politique africain. «Tshisekedi ne nous rassure pas». C’est une rengaine qui a été répétée aux opposants pro-Tshisekedi lors d’une récente tournée en Occident. L’Allemagne, elle, garde un brin de neutralité. Rares sont les pays africains qui représentent un intérêt vital pour elle.

A l’occasion de la «Journée allemande» le 1er octobre 2011, l’ambassadeur Blomeyer a prononcé une allocution qui confirme cette attitude. «La liberté, déclarait-il notamment, est un bien précieux qu’il faut préserver aussi à presque tout prix. Un principe dépend de l’autre : Les dictatures comme ennemi naturel de la liberté sont aussi ce qui met en danger la paix et le droit. Elles sont agressives vers l’extérieur et ils ne respectent pas le droit vers l’intérieur, vers leurs citoyens. Alors: paix, droit et liberté vont ensemble. Quel est l’impact de ces principes de notre politique extérieure sur l’Afrique et sur la RDC? Notre ministère des affaires étrangères a récemment essayé de les transformer dans une stratégie vers l’Afrique. Voilà les éléments clés de cette stratégie:Il nous faut une analyse réaliste du continent qui prend note des transformations profondes politiques, économiques et sociaux en Afrique sub-saharienne.»

On ne pourrait s’empêcher néanmoins de regretter une certaine duplicité de la part de la «communauté internationale». Pour honorer l’invitation lui adressée, le leader de l’UDPS a dû «négocier» une sorte de «libération conditionnelle» avec le commandement de la police. On le sait, depuis deux mois, «Tshitshi» est privé de liberté locomotrice par des miliciens kabilistes déguisés en policiers qui quadrillent le quartier de Limete où se trouve la résidence du leader de l’UDPS. D’aucuns parlent de «mercenaires étrangers». Cette situation antidémocratique laisse indifférents les ambassadeurs occidentaux en poste à Kinshasa.

Quel est le problème ?

Il s’agit aujourd’hui de préserver la paix civile en conciliant des exigences antinomiques. D’un côté, Tshisekedi qui clame avoir été dépossédé de sa victoire à la présidentielle. De l’autre, «Kabila» qui, par l’abus des moyens coercitifs de l’Etat, réplique : «J’y suis, j’y reste!». Qui va concéder quoi à qui? Les deux camps antagonistes sont-ils capables de compromis ? Ou vont-ils continuer à jouer la carte du «tout ou rien» aux conséquences imprévisibles?

Deux mois après l’élection présidentielle et les législatives du 28 novembre 2011, l’Etat congolais est comme pétrifié. Le pays est frappé d’immobilisme en dépit de l’apparente normalité des gens qui vaquent à leur occupation. Il n’y a ni paix de cœur ni paix d’esprit. En cause, les fraudes massives ayant émaillé tant la présidentielle que les législatives. Comme s’il se sentait mal dans sa peau de «vainqueur», «Joseph Kabila» est devenu invisible depuis sa prestation de serment le 20 décembre. Il ne préside plus les réunions du Conseil des ministres. Pire, il n’ose pas non plus déléguer cette tâche au Premier ministre. Depuis cette date, "Joseph" a déserté son lieu de "travail" au Palais de la nation. Il n’a été revu en public que le 13 février lors de la veillée mortuaire à la résidence d’Augustin Katumba Mwanke.

Un pouvoir illégitime

En fait «Kabila» a perdu toute légitimité faute d’incarner l’espérance. L’intérêt général. Rares sont les Congolais qui le croient encore capable d’améliorer les conditions sociales de la population et de redonner au Congo sa respectabilité à l’extérieur. L’homme a fait beaucoup de promesses. Il n’en a tenu aucune en matière de progrès économique et social. L’essentiel de l’énergie présidentielle a été investi dans les «infrastructures». Des "réalisations" sans impact direct sur le "social". Le 28 novembre dernier, les citoyens congolais ont rejeté le système Kabila. Ils l’ont fait savoir dans les urnes. Voilà pourquoi ce même peuple renaclent à s’incliner devant une prétendue victoire de "Kabila" et ses affidés, réputés pour leur arrogante incompétence.

Incorrigible, dans son «allocution inaugurale» du 20 décembre, «Kabila» a réitéré les mêmes promesses non-tenues. Il a clamé notamment sa «détermination» à «être réellement le garant de la nation congolaise dans toute sa diversité, à l’écoute et au service de toutes les Congolaises et de tous les Congolais. Sans distinction de race, d’origine, d’obédience politique ou de confession religieuse.» Une déclaration loufoque au regard du retour en force du tribalisme et du régionalisme. Depuis dix ans, l’homme s’est toujours appuyé sur un groupe des Congolais contre d’autres. Au lieu d’être l’arbitre, il se considère avant tout comme le chef - l’"autorité morale" - d’un clan politique dénommé la "Majorité présidentielle". L’Etat est devenu la "chose" du parti présidentiel le PPRD.

Dans son speech, « Kabila » a annoncé sa volonté de «poursuivre» et d’«accélérer la reconstruction» du pays. La preuve est ainsi faite que l’homme n’a jamais été à l’écoute de la population laquelle attend que les pouvoirs publics s’occupent enfin de ses besoins essentiels : logement, sécurité des personnes et des biens, emploi, eau courante, électricité, santé, éducation, transport en commun. «Parallèlement au développement des infrastructures, ajoutait, sans rire, «Kabila», le gouvernement se montrera particulièrement soucieux de la vie sociale du citoyen congolais.» «Une politique soucieuse de la parité, de la cohésion et de la paix sociale, et qui offre des opportunités à notre jeunesse, ainsi qu’à la femme congolaise. La République Démocratique du Congo doit donc être plus efficacement administrée. Elle a besoin d’une administration publique décentralisée, instance de régulation et force de proposition, au service de la population et des acteurs du développement. Notre diplomatie sera réorganisée et modernisée, de manière à en faire la vitrine d’un Congo qui rassure et qui gagne, source de fierté légitime».

Si personne ne croit sérieusement que Tshisekedi, devenu président de la République, serait muni d’une baguette magique pour changer la société congolaise, il reste que le 28 novembre dernier, les citoyens ont fait le choix du "Changement". Certains milieux de l’opposition se mettent à rêver de la réussite des «consultations» entamées par le diplomate allemand. D’autres évoquent l’idée de «neutralisation» des deux prétendants à la Présidence suivie par l’organisation d’une sorte de «deuxième tour» de l’élection présidentielle. Histoire, disent-ils, de sortir le Congo-Kinshasa d’une dangereuse inertie. L’invitation adressée à Tshisekedi à venir dîner chez l’ambassadeur de l’Allemagne d’Angela Merkel montre bien que «Tshitshi» reste, pour le moment, un acteur politique incontournable. Chacun est libre de l’aimer ou de ne pas l’aimer…


Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2012