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SACREBOPOL

dimanche 3 novembre 2013

listes des "bannis" parmi les dirigeants du M23

Pour plus d'informations,voici les listes des "bannis" parmi les dirigeants du M23 établies par les NU et l'UE ainsi que beaucoup d'autres liens utiles à ce propos ! N'oubliez pas enfin de lire l'excellente analyse de Musavuli sur les ravages au Congo de l'impunité nationale et internationale !


Liste des personnes et entités visées par les mesures
imposées aux paragraphes 13 et 15 de la résolution
1596 (2005) et reconduites au paragraphe 3
de la résolution 2078 (2012) du Conseil de sécurité"

° http://www.un.org/french/sc/committees/1533/pdf/list_french_new.pdf

"L 352/50 Journal officiel de l’Union européenne 21.12.2012 FR
DÉCISION 2012/811/PESC DU CONSEIL du 20 décembre 2012 modifiant la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la République démocratique du Congo"

° http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2012:352:0050:0053:FR:PDF

° http://www.un.org/french/sc/committees/1533/experts.shtml
° http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/2012/843
° http://www.unhchr.ch/Huridocda/Huridoca.nsf/0/973ec5495ca28166c1256d900026f9f4?Opendocument

"RD Congo : Les États-Unis devraient pousser le Rwanda à cesser son soutien au M23
Il faut sanctionner les autorités rwandaises qui appuient les rebelles congolais auteurs d’exactions
21 NOVEMBRE 2012"

° http://www.hrw.org/fr/news/2012/11/21/rd-congo-les-tats-unis-devraient-pousser-le-rwanda-cesser-son-soutien-au-m23
"La situation des droits humains en République démocratique du Congo"
° http://www.hrw.org/fr/node/119171
° http://www.hrw.org/fr/news/2012/09/10/rd-congo-les-rebelles-du-m23-commettent-des-crimes-de-guerre
° http://www.hrw.org/fr/topic/international-justice/bosco-ntaganda
° http://www.hrw.org/fr/node/77161/section/4

"Kigali demande au Conseil de sécurité « la levée des sanctions contre certains membres du M23 »"
° lepotentielonline.com/.../7518-kigali-demande-au-conseil-de-securite-la-lev...
° http://www.icicemac.com/actualite/kigali-demande-au-conseil-de-securite-la-levee-des-sanctions-contre-certains-membres-du-m23-15264-189-1.html#.Um1d7NLIa4h

° http://lepotentielonline.com/site2/index.php?option=com_content&view=article&id=1612:kinshasa-emet-des-mandats-d-arret-internationaux-contre-runiga-et-3-chefs-militaires-du-m23-refugies-au-rwanda&catid=90:online-depeches&Itemid=468&lang=en
° http://www.digitalcongo.net/article/90918
° http://www.rfi.fr/actufr/articles/055/article_29312.asp
° http://radiookapi.net/emissions-2/dialogue-entre-congolais/2013/05/08/ce-soir-plus-de-500-combattants-du-m23-reintegres-au-sein-des-fardc/

Duplicité :


Le Nord Kivu «libéré» : «Joseph Kabila» n’a aucun mérite!


Les troupes congolaises et rwandaises réunies à Goma lors de l’Opération "Umoja Wetu" en mars 2009

 
C’est un triomphe non pas modeste mais plutôt «discret» que «Joseph Kabila» a affiché lors de son message télévisé mercredi 30 octobre. C’est à croire que l’homme a peur de susciter le courroux de «quelqu’un» qui ne pourrait être que l’ex-parrain rwandais Paul Kagamé, accusé de soutenir les rebelles du M23. Dans une brève allocution, le numéro un Congolais a déclaré que «les récentes victoires» de l’armée congolaise face aux insurgés du M23 n’ont pas «pour conséquence de rendre caduque les options politiques et diplomatiques pour rétablir une paix durable». Traduction : les pourparlers de Kampala restent d’actualité. Des observateurs sont unanimes à reconnaître que «Kabila» n’a aucun mérite personnel à faire prévaloir dans ce que d’aucuns qualifient de «prouesses» des FARDC appuyées par la brigade d’intervention de la Monusco. Une Mission onusienne qui est boostée par le «leadership volontariste et déterminé» incarné par le duo Kobler-Cruz.
Rétablir l’autorité de l’Etat

C’est désormais officiel. Les localités de Kibumba, Kiwanja et Rutshuru sont à nouveau sous le contrôle de l’armée congolaise. Il en est de même du camp militaire de Rumangabo et de la localité de Bunagana. La Monusco a confirmé, mercredi 30 octobre, la reprise de cette dernière ville laquelle tenait lieu de «capitale politique» du M23. La presse ougandaise, citée par une dépêche de l’AFP, indique que Bertrand Bisimwa, le chef politique de la rébellion «aurait fui et se serait rendu aux autorités ougandaises». L’intéressé soutient le contraire affirmant être toujours sur le sol congolais. Il faut espérer que le gouvernement central va procéder, dans les brefs délais, au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans les territoires occupés jadis par les rebelles. Il s’agit essentiellement de remettre en place une administration qui assure à chacun et à tous une égale protection devant la loi.

Dans son adresse de ce mercredi 30 octobre, «Joseph» a exhorté les rebelles du M23 «à déposer les armes». A défaut, dira-t-il, «nous n’aurons d’autre option que de les y contraindre par la force». Et de poursuivre que «le même appel est adressé aux autres groupes armés nationaux». "Kabila" a omis de souligner que le gouvernement central n’a pas peu contribué à la déstabilisation de l’Est du pays en entretenant ses propres «maï maï» mieux connus sous l’appellation de «patriotes résistants» ou «forces d’autodéfense populaires». Il s’est rattrapé en promettant une «réinsertion à la vie nationale» à ceux des combattants qui mettraient fin «à toutes les activités militaires». Il a enfin mis en demeure les groupes armés étrangers, FDLR, ADF/Nalu, LRA et FNL à «déposer les armes» et à «mettre fin à toute exaction sur les populations congolaises. Faute de quoi, ils s’exposent à une opération de désarmement forcé aussi vigoureuse que celle en cours.» Est-il sûr qu’il sera suivi jusqu’au bout par la Monusco?

Après le déclenchement de la mutinerie des éléments des FARDC étiquetés CNDP-M23 en avril 2012, «Joseph Kabila» a attendu deux mois avant de s’adresser à l’opinion congolaise à travers une interview accordée à quatre journalistes kinois. C’était le 28 juin 2012. Depuis lors, l’homme n’a plus mis ses pieds à Goma. Le rôle d’un chef de l’Etat ne consiste-t-il pas également à manifester la compassion nationale aux concitoyens en détresse? "Kabila" s’est montré fort économe en paroles pour "encourager" les éléments des Forces armées de la RD Congo déployés sur le théâtre des opérations. Entré en fonction mi-août dernier, le nouveau chef de la Mission de l’Onu au Congo, l’Allemand Martin Kobler, s’est rendu plusieurs fois au chef-lieu de la province du Nord Kivu. But : montrer aux Casques bleus qu’ils ne sont pas seuls. Les prédécesseurs de Klober avaient la fâcheuse réputation d’être venus au Congo afin de préparer la retraite. Alan Doss était, à tort ou à raison, suspecté de veiller sur les "intérêts miniers" de certains groupes.

Pressions internationales

Dans son discours, mercredi 23 octobre, devant les deux Chambres du Parlement réunies en congrès, "Joseph Kabila" n’avait pas manqué de laisser entendre qu’il subissait des "pressions internationales" afin que les "opérations militaires" au Kivu soient accompagnées d’une "solution politique". "Le gouvernement, déclarait-il, n’a cessé et ne cessera d’accorder une chance au dialogue, comme voie de résolution de cette crise. (...)". Ces pressions ont été implicitement confirmées, mardi 29 octobre sur RFI, par Russ Feingold, l’envoyé de Barack Obama pour la Région des Grands lacs : «J’ai rencontré le président Kabila avant les derniers combats, juste avant les combats, et il n’a pas nié qu’il allait peut-être décider de la nécessité d’une initiative militaire, mais il ne m’a pas donné l’impression d’un homme qui n’était motivé que par la solution militaire. A Kampala, il a donné le feu vert à ses négociateurs pour décrocher un accord. J’ai pu voir les négociateurs congolais à l’œuvre durant cinq jours, et j’ai l’impression que le gouvernement congolais souhaite que le processus aboutisse, parce que l’option militaire n’est pas l’option qu’il préfère. Donc nous encourageons la RDC à faire montre de retenue dans la mesure du possible.» Et d’ajouter : «Le président Kabila a remporté plusieurs succès militaires ces derniers jours, mais je l’encourage à faire preuve de retenue».

Exploiter les ressources du Congo

Pour certains analystes, les combattants du M23 n’ont pas encore dit leur dernier mot. Un avis balayé du revers de la main par Martin Kobler, le chef de la Monusco cité par l’AFP. Pour lui, ce mouvement est "quasiment fini" militairement. Paul Kagamé pourra-t-il accepter la défaite de ses poulains du M23 ce équivaut pour lui à perdre la face devant l’ancien "Kadogo" "Joseph Kabila" qui lui devrait tout, s’interrogent des analystes. Les mêmes analystes d’estimer que le chef d’Etat rwandais Paul Kagame et son homologue ougandais Yoweri Museveni n’ont pas encore dit leurs derniers mots. Tous les deux n’ont jamais cessé de lorgner sur les ressources tant minières que naturelles des provinces du Nord et Sud Kivu et de la Province Orientale. "(...), ce qui intéresse réellement Kigali, c’est d’exploiter les ressources du Congo et de s’étendre territorialement", déclarait, en février 2001, l’Italien Aldo Ajello, alors représentant de l’Union européenne pour la région des Grands lacs. Dans son ouvrage "Dans les coulisses du Monde, du Rwanda à la guerre d’Irak...", publié, début 2013, aux éditions Robert Laffont, Jean-Marc de la Sablière, ancien directeur Afrique au Quai d’Orsay et représentant permanent de la France aux Nations unies ne dit pas autre chose aux pages 109 et 110 : "Une dizaine d’années plus tard, alors que je présidais les missions du Conseil de sécurité dans la région, je rencontrais Paul Kagamé à chacun de nos tournées. Les membres du Conseil n’étaient pas dupes des pillages rwandais et de ses manœuvres dans l’Est de la RD Congo pour contrôler une partie du Kivu par supplétifs interposés. (...)".

Pourquoi "Joseph Kabila" n’a aucun mérite?

Laurent-Désiré Kabila a été porté au pouvoir suprême le 17 mai 1997 par les armées rwandaise et ougandaises. Fin juillet 1998, c’est la rupture avec les parrains Paul Kagamé et Yoweri Museveni. Après l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre), plusieurs "mouvements rebelles" congolais vont voir le jour à... Kigali. C’est le cas notamment du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie). La guerre a repris dès le mois d’août 1998. La partie orientale du Congo sera occupée par les troupes venues de l’Ouganda et du Rwanda jusqu’à l’installation du gouvernement de transition en juin 2003.

A son avènement à la tête de l’Etat congolais dans les conditions que l’on sait un certain 26 janvier 2001, - dix jours après la mort mystérieuse de LD Kabila - "Joseph Kabila" avait "pris l’engagement" de doter le pays d’une "armée forte, bien équipée, respectable et respectueuse des droits de chacun, capables de défendre la nation en toutes circonstances". Douze années après, la promesse n’a pas été tenue. A maintes reprises, l’armée congolaise a été humiliée par des miliciens du CNDP. Dieu seul sait le nombre des jeunes militaires congolais ayant perdu la vie lors de ces affrontements sanglants notamment à Mushake en 2008.

Durant ces douze années, "Joseph Kabila" a posé des actes constitutifs de la trahison. A titre illustratif, à l’insu de l’état-major des FARDC, "Kabila" a chargé, en 2007, le "général" John Numbi Banza d’aller négocier secrètement avec Laurent Nkunda, alors chef du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). Les discussions eurent lieu à Gisenyi sous la médiation du général James Kabarebe, alors chef d’état-major de l’armée rwandaise, avant de se poursuivre à Kiwanja. Après la débâcle des FARDC à Mushake face aux éléments du CNDP appuyés par l’armée rwandaise, les deux chefs d’Etat ont signé un accord secret, en date du 28 août 2008. C’est l’élément déclencheur de la fameuse opération "Umoja wetu" qui a permis à l’armée rwandaise de se déployer, en mars 2009, au Congo pour "traquer" les miliciens des FDLR. Par ailleurs, par le jeu de brassage et autre mixage, "Joseph" a facilité, en toute connaissance de cause, l’infiltration de l’armée congolaise par des individus au passé nébuleux, n’ayant aucune attache psychologique avec le Congo.

"Joseph Kabila" semble être au service de la "sécurité nationale" du Rwanda et non du Congo-Kinshasa. Dans son édition datée du mercredi 8 juin 2011, le quotidien flamand «Het Belang Van Limburg» (HBVL) rapportait, sous la plume de Roger Huisman, que le chef de l’Etat congolais a mandaté un ancien officier belge nommé Jean-Pierre Breyne de «négocier» avec la milice hutue des FDLR. L’objet des pourparlers porte sur le transfert des miliciens rwandais au Maniema. Au lieu d’inviter l’homme fort de Kigali de négocier avec ses opposants armés et de ramener ces derniers au Rwanda, "Joseph" a cru bon d’aggraver la déstabilisation du Congo en installant les FDLR loin des frontières du Rwanda. Hélas, les miliciens Hutus ne mordirent guère à l’hameçon.

Dans l’affaire Bosco Ntaganda, l’opinion congolaise a été stupéfaite par le soutien de "Kabila" à cet homme qui faisait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. Et ce sous prétexte de "préserver la paix". Dans une Interview accordé au "Soir" de Bruxelles, le général Kabarebe, devenu ministre de la Défense du Rwanda, a dénoncé la duplicité de "Joseph" en présentant celui-ci sous les traits d’un parrain maffieux qui se livrerait à de «curieux business» avec «Bosco». Une allusion à l’affaire du jet Gulftream américain qui a atterri le 3 février 2011 à Goma avec à son bord quatre passagers qui venaient d’acheter 480 kilogrammes d’or.

Au lendemain du déclenchement de la mutinerie des éléments CNDP-M23, plusieurs soldats congolais se sont plaints des ordres et contre ordres qu’ils recevaient d’une "mystérieuse hiérarchie" chaque fois qu’ils prenaient un certain avantage sur les forces ennemies. Aucune enquête n’a été ouverte. Un colonel avait nommément accusé le général Didier Etumba.

Pendant que la guerre faisait rage dans le Nord Kivu, les quelques rares réunions du Conseil des ministres présidées par "Joseph Kabila" diffusaient des compte-rendus soporifiques. «La situation est en voie de stabilisation avancée, les FARDC contrôlent la situation», pouvait-on lire notamment. C’est à croire que le numéro un Congolais et ses ministres vivaient dans une autre planète.

Il est clair que les FARDC, seules, n’auraient pas réussi à mettre en débandade les combattants du M23 appuyés par des éléments rwandais. En cause, la présidence à la tête du Congo-Kinshasa, d’un personnage douteux qui est plus un infiltré qu’un chef d’Etat soucieux de l’intérêt national et du bien-être de la population. C’est le lieu de saluer le travail réalisé par la brigade d’intervention de la Monusco au niveau de l’artillerie et de la logistique. Il faut saluer également la nouvelle impulsion donner à la Mission onusienne par le duo Martin Kobler et le général brésilien Cruz. "Joseph Kabila" n’a aucun mérite à faire prévaloir
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Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2013    

RDC : Joseph Kabila reprend la main


RDC : Joseph Kabila reprend la main



Après sa victoire militaire sur les rebelles du M23 et l'annonce de la création d'un gouvernement d'union nationale, le président Joseph Kabila a réussi à se replacer au centre du jeu politique congolais. De quoi prolonger sa survie politique.

Qui l'eût cru ? Il y a encore quelques mois, le président congolais pataugeait sur deux fronts : politique et militaire. Affaibli politiquement par les élections contestées de novembre 2011, Joseph Kabila était englué dans l'organisation chaotique des Concertations nationales boycottées par les grands partis d'opposition. Militairement, le président congolais s'enlisait également au Nord-Kivu face aux rebelles du M23 que rien ne semblait arrêter. Deux fronts problématiques qui remettaient fortement en cause sa légitimité politique. Mais en quelques jours, la donne semble avoir changé à Kinshasa.  

Incontournable
Le 23 octobre dernier, devant les deux assemblées, le président Kabila a annoncé une série de mesures censées renforcer la cohésion nationale. Un catalogue de bonnes intentions, qui allait du rapatriement des dépouilles de Tshombe et Mobutu, à la mise en place de la décentralisation, en passant par la libération de prisonniers, la nomination d'un monsieur "anti-corruption" ou la création d'un quota de 30% de femmes en politique. De belles promesses dont on attendra avec impatience la mise en application. Mais l'annonce phare du discours du Chef de l'Etat tenait dans la nomination "imminente" d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Un gouvernement de "demie-ouverture" avec l'opposition et la société civile, mais vraisemblablement avec le même Premier ministre et sans les grands partis d'opposition. Avec cette ouverture politique en trompe l'oeil et très contrôlée (voir notre article), Joseph Kabila a réussi à se replacer au centre de l'échiquier politique congolais en jouant de  nouveau son rôle de grand "redistributeur de cartes"... et de portefeuilles ministériels. Les multiples annonces du président permettent enfin à Joseph Kabila d'en étaler leur mise oeuvre (si tant est quelles voient toutes le jour) et ainsi de rallonger, sans concéder une once de pouvoir, sa survie politique. L'opposition craint en effet que le président ne prolonge son mandat au-delà de 2016. 

Nouvelle légitimité ?
Sur le plan militaire, les victoires des forces armées congolaises (FARDC) sonnent comme une divine surprise pour Kinshasa. Longtemps taxée "d'armée fantôme" pour son peu d'efficacité sur le terrain, les FARDC ont enchaîné les succès depuis la première offensive du vendredi 25 octobre. Devant l'avancée des troupes gouvernementales, les rebelles se sont retirés de toutes leurs bases arrières : Kibumba, Rumangabo, Rutshuru, Kiwanja et Bunagana à la frontière ougandaise. C'est la première fois que l'armée congolaise, avec l'aide non négligeable de la Brigade de l'ONU, fait plier la rébellion aussi rapidement. Cette victoire militaire est sans nul doute l'un des succès politiques les plus marquants de Joseph Kabila depuis son arrivée au pouvoir en 2001. La déroute du M23 rebat les cartes des négociations de Kampala entre le gouvernement congolais et les rebelles. Peu enclin à céder à la rébellion, Kinshasa a cherché à jouer le "KO militaire", qui lui permet d'échapper ainsi à d'humiliantes concessions à la table des négociations. Sur ce point, Kinshasa revient en position de force à Kampala, ou seule la reddition du M23 peut être signée. 

Assurance-vie
Mais attention, victoire militaire ne rime pas toujours avec victoire politique. Si le M23 a quitté les zones qu'il contrôlait au Nord-Kivu, on parle de 700 km2, le mouvement n'est pas "annéanti" comme le clame Kinshasa. Réfugiées en Ouganda ou au Rwanda, les troupes rebelles ont subit peu de perte durant les assauts FARDC. La présence du M23 aux frontières du Congo continuerait donc de faire peser une sérieuse menace sur les Kivus, sans parler d'une possible (mais pu probable) contre-offensive rebelle sur l'armée. Pour transformer son succès militaire, en victoire politique, Joseph Kabila devra s'atteler à régler le problème avec ses voisins rwandais et ougandais. Une explication et une négociation politique entre chefs d'Etat seront donc  indispensables pour établir une paix durable à l'Est de la RDC. Pour le moment, Joseph Kabila peut goûter aux bénéfices immédiats de sa victoire sur le M23 : une "légitimité" presque retrouvée auprès de la population et un soutien sans faille de la communauté internationale... bref, une assurance pour sa survie politique. Mais les braises sont encore chaudes autour des bastions rebelles reconquis par l'armée régulière. Et le plus dur reste à venir : maintenir la paix. "



"Procès Kabila : Qui a tué Yav Nawej et pourquoi est-il mort ?

"Procès Kabila : Qui a tué Yav Nawej et pourquoi est-il mort ?

Condamné à perpétuité pour l’exécution de onze libanais dans l’arrêt rendu par la cour d’ordre militaire sur l’assassinat de l’ancien chef de l’Etat congolais Laurent Désiré Kabila. Le général yav nawej jean, ancien commandant militaire de la ville de Kinshasa, est décédé le jeudi 30 mai 2013 à l’hôpital général de Kinshasa après une longue maladie en prison. S’il a un secret, il a emporté.

Près de 13 ans après la mort tragique de l’ancien chef de l’Etat congolais, bien des interrogations demeurent. Le sujet reste tabou parmi la classe politique congolaise alors que le peuple est plus désireux de connaitre toute la vérité. On comprend alors pourquoi les gouvernements successifs se sont bien gardés en ont tout au moins évité de réactualiser un dossier qui pouvait devenir explosif.
La procédure, suivie devant la cour d’ordre militaire s’est déroulée sur fond d’intimidation des associations de défense des droits de l’homme et des avocats.

Les avocats des accusés n’ont pas eu accès à toutes les pièces de la procédure et les décisions de la COM ne sont, contre tout principe élémentaire de droit, susceptibles d’aucun appel.
Le verdict de la COM ne répond en rien à l’exigence de la vérité sur l’assassinat de l’ancien chef de l’Etat congolais.
Le passage du temps et les disparitions d’éléments matériels et des témoins empêcheront peut être à jamais d’atteindre une conclusion qui puisse satisfaire le besoin de chacun de donner un sens à cet événement terrible.

Le mystère persiste
Rachidi était-il le bouc-émissaire désigné par la conspiration pour protéger les véritables commanditaires de l’attentat et a-t-il été abattu par Kapend membre de cette conspiration pour éviter un procès qui aurait mis en danger les membres du complot ?
Il faut bien s’interroger sur les mobiles et les enjeux d’un tel acte. A qui l’assassinat a-t-il pu éventuellement profiter si la thèse du complot est retenue ?
Rachidi a été abattu et son procès n’a pas pu avoir lieu, on ne saura jamais ce qu’il aurait répondu au moment où il aurait été interrogé sur ses mobiles.

Fouiller le passer n’est pas toujours une chose facile et bien souvent on invoque la raison d’Etat quand on ne veut pas s’y résoudre. Le poids de l’histoire est parfois trop lourd à porter. La mort de Kabila reste un secret d’Etat mais gardons espoir la vérité ne résiste pas à l’histoire.
Le silence médiatique qui entoure ce meurtre m’amène à sortir de ma réserve pour vous faire part de mon inquiétude pour ces prisonniers politiques privés de droits fondamentaux. J’ai la conviction intime que les innocents ont été condamnés. Dieu merci il y aura toujours quelqu’un comme moi sur votre chemin pour redresser la barre.

Le général Yav Nawej victime d’une machination insidieuse.
La question que l’on se pose dans cette éventualité c’est celle de savoir qui pouvait en vouloir à Yav Nawej au point de lui vouloir la mort. Lorsqu’on sait que l’arrestation de Yav Nawej était de nature à servir d’écran de fumée qui empêcherait de voir l’auteur de l’exécution sommaire de onze ressortissants libanais dont trois mineurs.
L’exécution sommaire par des soldats congolais de onze ressortissants libanais accusés d’avoir été impliqué dans l’assassinat, le 16 janvier 2001, du défunt président de la Rd Congo Laurent Désiré Kabila a été ordonnée par le major Eric Lenge. Un homme de confiance, réputé pour la gâchette facile et son comportement de terreur, chargé d’exécuter des tâches délicates pour le compte du général major Hyppolite-joseph Kanambe Kabila. En retour, le major jouirait sans doute de l’impunité au sommet de l’Etat. Il joue le rôle déterminant dans la vague d’enlèvements, d’arrestations et torture juste après l’assassinat du Président Laurent Désiré Kabila. Le major Eric Lenge Shimba a fourni des militaires affectés à l’enlèvement et l’exécution extra judiciaire de onze libanais à Kibomango.
Les militaires impliqués dans la mort des libanais ont été poursuivis pour meurtre, tous disent d’avoir obéi à des ordres.

Les ordres venaient d’où ?
Cette question a mis la cour dans l’embarras, car au moment des faits, c’est le général-major Hyppolite-Joseph Kanambe Kabila alors le numéro deux de l’armée qui était le commandant direct de ces hommes.
La cour évitera d’approfondir la question qui pourra gêner le nouveau Président du Congo. Alors pourquoi le général-major Hyppolite-joseph Kanambe Kabila a-t-il ordonné l’assassinat de onze libanais ?
Le premier responsable et présumé coupable de ces crimes, est bel et bien Joseph Kabila. C’est lui qui devrait en premier lieu répondre des crimes imputés à ses troupes.
Ironie du sort, <> à Kinshasa dans la nuit du vendredi 11 juin 2004 par un groupe des militaires du groupe spécial de sécurité présidentielle(GSSP) sous le commandement du major Eric Lenge Shimba , officier de sécurité du GSSP, commandant GSSP/ ville de Kinshasa et proche du chef de l’Etat , général-major Hyppolite-Joseph Kanambe Kabila.

Il est surprenant que les insurgés <> dans une caserne par des militaires armés du GSSP réussissent à s’enfuir et traverser la ville de l’Ouest à l’Est sans rencontrer une résistance quelconque et sans qu’ils soient rapidement neutralisés.
La population a appris avec surprise dans la journée l’arrestation d’un petit nombre dont plus d’une dizaine de membres de commando tandis que le chef de file, Le major Eric Lenge Shimba et le gros du groupe auraient disparu dans la nature en abandonnant les véhicules militaires sur la route dans la province de Bas-Congo.
A vous de doter votre intelligence pour savoir un peu plus sur l’homme secret qui dirige notre pays avec défi depuis bientôt 13 ans.

Le général Yav Nawej meurt en détention
Il avait commencé des soins en prison et pendant longtemps on n’acceptait pas qu’il soit transféré à l’hôpital compte tenu de la gravité de l’infraction qu’on lui reprochait. Il était incarcéré depuis 12 ans dans la prison mouroir de Makala à Kinshasa. Le moins que l’on puisse dire, est que c’est un <> de moins pour Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila qui disparait en emportant ses secrets.
Le général Yav Nawej n’est pas mort, il a été tué, c’est un meurtre. Les règles minima sur la détention prévoient une alternative pour pallier ces insuffisances. Elles disposent en leur alinéa 2 (règle 22), que << pour les malades qui ont besoin de soins médicaux spéciaux il faut prévoir le transfert vers des établissements pénitentiaires spécialisés ou vers des hôpitaux civils. Or l’avocat de Yav Nawej dit avoir sollicité en maintes reprises le transfert de son client à l’hôpital, en vain. Mais cette autorisation administrative intervient, hélas, trop tard et c’est lorsque le cas s’est avéré grave que son transfert a été autorisé. Le moins que l’on puisse dire, c’est un homicide volontaire et non-assistance à personne en danger. Si l’homme avait une valeur pour eux, le général Yav Nawej ne serait pas mort en détention. Joseph Kabila et les autorités judiciaires doivent assumer toutes leurs responsabilités sur ce nouveau décès.
Jusqu’à quand la prison en Rd Congo restera –t-elle une zone de non-droit à la santé ? Il y a de quoi avoir honte de nos prisons ! Rappelons qu’une personne détenue est un être humain.

Pourquoi ne transfère – t- on les détenus malades qu’en phase terminale ?
Les détenus meurent et ils n’ont qu’un seul droit celui de le faire en silence pour ne pas gêner le sommeil des honnêtes citoyens persuadé qu’il ne se passe rien de grave dans le monde carcéral.
Ce que beaucoup de patriotes craignaient depuis 2001 est en train de se réaliser à savoir une mort lente mais soutenue, des présumés assassins du feu Laurent Désiré Kabila.
Battons-nous pour donner la parole à ceux pour qui on refuse le droit et la liberté d’expression en prison.
Les normes internationales et le droit congolais exigent que les morts en détention fassent, l’objet d’enquêtes exhaustives et impartiales.

Chacun sait que les vrais coupables sont dans la nature.
Il lui est reproché d’avoir attenté à la vie du chef de l’Etat, attentat commis en vue de changer le régime. Présenté avec le colonel Eddy Kapend comme étant l’âme du complot. Il a été arrêté en février 2001 et condamné à mort le 7 janvier 2003, ce général des forces de sécurité est mort suite à la négligence médicale systématique dont se plaint l’ensemble des prisonniers dans les prisons congolaises, où ils sont traités de façon inhumaine.

Dans cette affaire en effet il y’avait 30 condamnés à mort, 4 sont déjà morts faute de soins, d’autres toujours en prisons dont certains sont très malades, ils vivent un vrai calvaire dans la prison et nombreux sont ceux qui assistent impuissant à leur mort lente. Ils sentent qu’ils sont visés et qu’ils risquent la mort, à cause de la négligence médicale intentionnelle pratiqué par l’imposteur Hyppolite- joseph Kanambe. Ce criminel sent que sa fin fatidique approche, s’est résolue à exterminer tous les témoins gênant sur l’assassinat de soi-disant son <
>.

Parler, décrier sur les toits les pratiques de l’imposteur, peut à première vue paraître dérisoires face aux moyens matériels dont ils disposent pour imposer la mort. Croire à cela, c’est oublier que l’on peut tuer une personne mais pas la vérité. La vérité, elle, n’est pas morte empoisonnée, Joseph Kabila et autres complices, répondront devant l’histoire de leurs actes cruels, barbares, rejoignant en cela les Hitler, Staline et Cie. 
Il reste pour urgent à rappeler les faits pour les moins surprenants. Dans son verdict du 7 janvier 2003, la cour d’ordre militaire (COM) de la République démocratique du Congo a condamné 30 personnes à mort à la peine capitale à l’issue d’un procès inique controversé par l’opinion internationale.

Le procès des assassins présumés de l’ancien chef de l’Etat congolais Laurent Désiré Kabila n’a été ni équitable ni transparent. La culpabilité des accusés n’a pas été démontrée de manière irréfutable.
Le pouvoir en place s’entête à maintenir en prison et indéfiniment des citoyens innocents dans le seul but de tuer.
Il est inconcevable de constater que des autorités chargées de la protection des citoyens les laissent plutôt mourir sans aucun d’âme. Une politique de non-assistance à personne en danger érigée en règle et soutenue par le plus haut sommet de l’Etat.

Les faits troublants
Lors du procès, les conclusions de l’expert en balistique et des médecins légistes, commis par la cour entrent en contradiction avec le témoignage du seul témoin oculaire, témoignage pour les moins douteux.
Pour l’expert en balistique, il lui paraissait scientifiquement impossible d’imaginer qu’une balle tirée à bout portant sur une tempe du Président avec un pistolet parabellum 9 mm reste incrustée dans le crâne.
Quant aux médecins légistes, les blessures faites par balles n’ont dû intervenir qu’après le décès, étant donné l’absence de saignement constaté sur place.

Pourquoi un médecin a –t-il été jugé pour <> lors de ce procès ?
Pourquoi l’arme du crime n’a-t-elle jamais été retrouvée ?
Emile Mota était-il présent au moment du meurtre ?
Pourquoi est- il en liberté alors qu’il brillé par des déclarations contradictoires lors du procès ?
Pourquoi l’ancien président de la cour d’ordre militaire, le général Mawele Bakongo, a été démis de ses fonctions ?
Kinshasa 5 octobre 2005, la condamnation à mort du colonel Charles Alamba Mangako, ancien procureur général près la cour d’ordre militaire, prononcée par la Haute Cour Militaire de la république démocratique du Congo. Il continue du fond de sa cellule du centre pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa, clamer son innocence. Il avait requis et obtenu la peine capitale contre une trentaine de personnes présumés avoir trempé dans le complot ayant conduit à l’assassinat de l’ancien chef de l’Etat congolais.

Autres faits surprenants 
Le chargeur de l’arme du garde- corps qui aurait abattu l’ancien chef de l’Etat congolais à bout portant était plein.
Les témoins ont entendu trois détonations et pourtant quatre traces de balles ont été trouvées sur le corps.
Kinshasa 15 janvier 2001 : sur ordre du général-major Hyppolite-joseph Kanambe Kabila, chef d’Etat –major et commandant des forces terrestres, tous les militaires des forces armées résidant à Kinshasa sont désarmés. Sans explication.

Ce n’est pas, Hyppolite-joseph Kanambe Kabila qui a tiré le coup de feu fatal qui a tué L’ancien chef de l’Etat congolais Laurent Désiré Kabila, mais il ne peut pas affirmer qu’il en est étranger, ses gestes sont ceux d’un homme qui plante le décor, ou va se produire un grand événement, lourd de conséquences.
Il est curieux de constater que personne ne demandera à Hyppolite-joseph Kanambe Kabila des comptes sur son comportement pour le moins surprenant ! Sous d’autres cieux africains, à plus forte raison dans les capitales occidentales le commandant en chef des forces terrestres aurait été sommé de s’expliquer devant une commission d’enquête diligentée par l’assemblée nationale.

Libérez-les !
L’ancien président de la cour d’ordre militaire, le général Mawele Bakongo a annoncé que << le procès kabila n’est pas terminé>> les enquêtes se poursuivent. Depuis bientôt 13 ans Joseph Kabila et le gouvernement en place ne montrent aucun intérêt de rouvrir ce procès.
Je souhaite ainsi exprimer ma préoccupation quant cette situation qui perdure.
Le sort des présumés assassins de l’ancien chef de l’Etat Congolais, un scandale qui ne peut plus rester dans l’ombre. J’ai décidé à faire entendre la voix de sans voix et à faire ressurgir cette question longtemps ignorée.

Mes propos sont prétendument subversifs simplement parce qu’ils parlent d’une cause que l’on tente d’étouffer depuis bientôt 13 ans. Alors j’ai décidé d’utiliser tous les moyens à mes dispositions pour que l’on entende la voix de ceux qu’on laisse mourir au fond des cellules dans les prisons mouroir de la République. Je squatte internet pour ne pas mourir en silence et je sais cela finira par sensibiliser ceux qui ne savent pas, tandis que ceux qui savent font tout pour cacher la vérité.

Kivuila André"

samedi 26 octobre 2013

Discours de Kabila devant le Congrès:


Une véritable arnaque politique


Il faut être malhonnête-né pour ne pas reconnaître le mérite de cette synthèse et la solidité mentale de son auteur. C'est rare ou très rare de trouver dans les journaux congolais en ligne de textes dignes d'attention comme celui-ci-. Chapeau bas à son auteur pour sa probité morale et intellectuelle, mais surtout pour son amour pour la patrie en refusant -comme la plupart des manducrates abusivement appelés lettrés - de réfléchir par le ventre.

Le fou chroniqueur par amour de sa patrie







Joseph Kabila est un véritablement artiste comédien! Devant les parlementaires réunis en Congrès le mercredi 23 octobre au Palais du peuple, il a joué sans doute l’un de ses plus beaux rôles dans le polar congolais. Dans ce roman policier, il a réussi le crime parfait au grand dam des inspecteurs! Lui dont la gouvernance au rabais à la tête du pays voilà près de 12 ans a conduit le pays dans les bas-fonds de l’indignité, s’est tiré à bon compte à l’issue des Concertations nationales. Sa responsabilité, évidente, dans les drames sans fin que connait la RD-Congo n’a pas été soulignée par les 900 délégués à ce dialogue national dont le but était de consolider la cohésion nationale. Après un diagnostic du mal congolais, les Concertateurs ont pris près de 700 recommandations, qui en fait sont un réquisitoire contre la gouvernance erratique de Kabila. Les partisans au Dialogue pro-Kabila ont pris le soin de ne pas dégager la responsabilité du président de la République dans la crise congolaise. 

Un gouvernement pompeusement appelé « gouvernement de cohésion nationale »

Ménagé par des délégués complaisants, Kabila reconnaissant s’est présenté devant la Nation via le Congrès avec une récompense : la formation d’un gouvernement dit de « cohésion nationale ».C’était la principale annonce de son discours ! Et c’était le moment le plus applaudi par l’assistance, comme si la résolution des multiples problèmes qui assaillent la RD-Congo dépend de la formation d’un gouvernement pompeusement appelé gouvernement de cohésion nationale. Dans son discours J. Kabila s’est dit entièrement satisfait par le succès des Concertations nationales.

Entendez par là que ce forum politique a réussi à créer la cohésion nationale, le mot fétiche de la nouvelle Majorité constituée autour de Kabila. Partout dans la ville, le gouvernorat a dilapidé l’argent public en déployant des panneaux publicitaires géants où on peut y lire : « merci au Raïs, la cohésion nationale retrouvée ».De la pure propagande quand l’on sait que les principales forces sociales et politiques du pays, UDPS d’Etienne Tshisekedi et UNC de Vital Kamerhe n’y ont pas pris part. À ces deux poids lourds de l’Opposition, il y a d’autres formations politiques regroupées au sein de la « Coalition pour le Vrai Dialogue » qui ont décliné l’invitation de Kabila. L’Eglise catholique n’y a eu qu’une représentation symbolique. Dans ces conditions, de qui Kabila se moque-t-il en parlant de succès de ce forum dont le but avoué était la restauration de la cohésion nationale et le but non avoué la consolidation de son pouvoir au-delà de 2016.Cette capacité du pouvoir à s’auto-mentir, en parlant de cohésion nationale retrouvée, est une des marques de fabrique de la Kabilie.

Flou sur la prolongation de son mandat au-delà de 2016

Dans son discours, Joseph Kabila a pris soin d’éviter de se prononcer de manière solennelle sur les intentions lui prêtées de briguer un troisième mandat successif lors de l’hypothétique présidentielle de2016. J. Kabila, évasif sur ce sujet brûlant, s’est tout juste contenté de dire qu’il est « pour le respect par tous, de l’esprit et de la lettre de la Constitution de la République dans son ensemble, telle que adoptée par référendum populaire en 2005 ». Cette formule est bien choisie, elle ressemble à celle d’Aubin Minaku (président A.N.) sur les ondes de RFI quand répondant à une question de Christophe Boisbouvier sur la candidature de Joseph Kabila à la présidentielle de 2016, il avait dit que « Le président de la République partira après les prochaines élections. Parce que selon la Constitution congolaise, une institution libère les fonctions quand il y a une autre qui a été élue de façon démocratique. Le jour où on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila ». Avec ce langage, on ne pouvait pas faire mieux pour entretenir le flou sur la prolongation du mandat présidentiel. Et Kabila, à dessein, devant les parlementaires ne l’a pas dissipé. Curieux pour celui qui a prôné dans son discours le « changement des mentalités, de méthodes et de comportement ». Ce changement que Kabila prône, il doit se l’appliquer d’abord à lui-même. Et par effet d’entrainement sa cohorte suivra.

Corruption, un aveu d’échec de Kabila. Le cas Kimbuta avec Retranskin et terrain ex PLZ

Sacré Kabila ! Il n’a pas eu froid aux yeux quand il s’est avancé sur le terrain de l’éthique et du sens du bien public. La morale publique, lui-même ne l’incarne pas suffisamment pour orienter le comportement de ses collaborateurs. Conséquence, la corruption et le détournement de deniers publics ne se sont jamais aussi bien portés que sur son règne. Et quand il fait l’annonce de la déclaration des biens par tous les mandataires publics, Kabila se trompe une fois de plus. Généraliser l’obligation de la déclaration des biens par tous les mandataires publics c’est bien mais il ferait mieux d’abord de rendre public son patrimoine à lui et de tous ses ministres. C’est ça la vraie transparence ! C’est alors qu’il sera crédible. Les déclarations du patrimoine des plus hautes autorités politiques sont déposées sous scellés à la Cour suprême de Justice. De la sorte aucun monitoring par l’opinion du patrimoine de ses dirigeants politiques n’est possible alors que la RD-Congo est parmi les pays les plus corrompus du monde selon Transparancy International.Kabila a-t-il fait l’inventaire de la politique de Tolérance Zéro sous le ministre Luzolo ? A-t-il oublié ses phrases choc restées célèbres : « fini la récréation » et « les portes de la prison seront grandement ouvertes ». Que de phrases vaines ! Que du vent ! Devant les congresmen, Kabila toute honte bue, annonce qu’il va nommer un Conseiller spécial du Chef de l’Etat en charge de lutte contre la corruption. Que peut faire un individu fut-il conseiller spécial en matière de lutte contre la corruption, face à un appareil judiciaire complètement caporalisé par le pouvoir qui lui-même baigne dans un système de corruption généralisée. Kabila demande aussi au gouvernement et au Parlement d’accorder au Pouvoir judiciaire une dotation suffisante. La presse dénonce la corruption dans ses colonnes sans qu’aucune enquête sérieuse ne soit déclenchée. Toutes les accusations notamment de Congonews sur le gouverneur Kimbuta (Affaire Retranskin et terrain ex PLZ) sont tombées dans les sourdes oreilles d’un Etat corrompu. La faiblesse de la Justice a aussi conduit Kabila a préconisé la nomination d’un Représentant personnel du chef de l’Etat chargé de promouvoir la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants. Un aveu qu’il a lui-même précarisé la Justice, pour des raisons aisément compréhensibles, d’où l’impunité généralisée constatée en RD-Congo.

Kabila favorable à la prolongation de facto du Sénat et des Assemblées provinciales

S’agissant des institutions, le chef de l’Etat, complaisant, s’est prononcé sur le maintien du sénat et des Assemblées nationales, largement hors mandat. Le principe de la continuité de l’Etat mal assimilé et mal appliqué fait que le Pouvoir peut retarder par toute sorte d’artifices les élections pour prolonger le bail de ses institutions illégitimes. Sans doute pour calmer l’opinion, J. Kabila s’est prononcé pour des élections dans un délai cout et raisonnable afin de renouveler ces deux institutions totalement illégitimes et même illégales selon d’autres juristes qui estiment que la continuité de l’Etat ne peut pas dépasser une période de 3 mois renouvelable une fois. J. Kabila a fait des propositions sur un mode de scrutin qui vise à confisquer le pouvoir du peuple. En se prononçant sur le mode de scrutin indirect pour les provinciales pour soit disant minimiser le coût des opérations électorales, J. Kabila veut encourager la corruption. Il sera facile au candidat le plus offrant d’enfermer les conseillers municipaux dans une salle pour acheter leur conscience et détourner la volonté populaire comme ce fut le cas avec Kimbuta en 2007.

FARDC, Armée d’opérettes. Services de sécurité défaillants 

Sur le plan sécuritaire, Kabila a promis de débarrasser l’armée des affairistes et de la professionnaliser. Depuis 12 ans qu’est-ce qui lui a empêché à le faire ? C’est aujourd’hui qu’il se réveille de son long sommeil bercé par les champs de ses courtisans en demandant que la loi de programmation de l’armée soit vite mise en œuvre. Son armée et ses services de sécurité sont incapables de protéger les frontières nationales et les populations. Sur J.P Bemba, le leader du MLC, Kabila après avoir tout fait pour le faire arrêter pour des crimes commis hors de son pays (RSA), poussant sa hargne très loin lui avait privé de la protection consulaire dont a droit tout national lorsque la CPI lui avait accordé la possibilité d’une liberté provisoire. Aujourd’hui, il revient à de bons sentiments ! C’est-ce qu’on appelle une gouvernance émotive, pas celle tournée vers l’intérêt général.

Il se serait soucier un peu de l’opinion derrière Bemba, il se serait transcender. Hélas, c’est trop demander à quelqu’un d’égocentrique qui ne prône l’ouverture que pour se maintenir au Pouvoir bafouant son serment constitutionnel. Bemba psychologiquement affaibli a accepté le deal de Kabila. C’est à Kabila d’abord de changer sa manière de faire la politique et de gérer l’Etat avant de faire la morale aux autres. Il ne s’est jamais repenti de ses erreurs.

Seules choses où Kabila a vu juste (ça ne lui arrive pas souvent), c’est son intransigeance face à la rébellion. Pas d’amnistie et de réintégration généralisées au sein des FARDC. La promotion de la femme et des personnes vivant avec handicap sont de bonnes initiatives. Sauf qu’en voulant trop promouvoir la femme, il en fait un peu trop avec une circonscription dédiée uniquement à la gente féminine. Mais dans l’ensemble, il a tapé à côté dans son discours. Encore une fois, Joseph Kabila a raté son rendez-vous avec l’Histoire qui est un juge incorruptible et implacable. Son discours devant le Congrès a été une véritable arnaque politique. Auteur de la crise de légitimité qui secoue le pays après les élections de novembre 2011, Joseph Kabila n’a pas ressoudé les différentes composantes de la nation même si lui et ses partisans veulent se convaincre du contraire. La crise de légitimité demeure, la guerre à l’est se poursuit et les Recommandations des Concertations sont un chapelet de bonnes intentions qui ne sauront sanctifier un régime qui s’appuie sur la force et non sur la volonté populaire. Triste réalité que même le prochain gouvernement de cohésion nationale comme les autres gouvernements de ce genre ne changeront pas.



MATTHIEU KEPA