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SACREBOPOL

lundi 3 novembre 2014

Qui a commandité l’assassinat du colonel Amundala? Pourquoi?





Qui a commandité l’assassinat du colonel                   Amundala? Pourquoi?

Un membre de la garde prétorienne de "Joseph Kabila" dite "Garde républicaine" ou "Bana Moura"
Une semaine après l’exécution - le mot n’est pas trop fort - du colonel FARDC Moussa Amundala, des habitants de la Commune kinoise de Selembao sont sous le choc. Des questions restent sans réponses. Qui a commandité ce meurtre manifestement prémédité? Quel en est le mobile? Pourquoi aucune information judiciaire n’est ouverte à ce jour au niveau de l’auditorat militaire?
Dimanche 26 octobre dernier, il est 11h48 à Bruxelles lorsqu’un SMS émanant d’un correspondant non-identifié tombe à la rédaction de Congo Indépendant : "Le colonel Moussa Amundala a été assassiné dans sa chambre, à Selembao, aux environs de deux heures du matin. Sa dépouille se trouve à la morgue de la clinique Ngaliema".

Qui est Moussa Amundala? Quelques bribes d’information obtenus ici et là indiquent qu’il s’agit d’un ancien de la Brigade spéciale présidentielle (BSP) du président Mobutu. Une source précise que le défunt a servi également dans la DSP (Division spéciale présidentielle) sous le commandement du général Nzimbi Ngbale. Quelques contacts téléphoniques avec des officiers des FAZ en exil ne sont guère d’un grand secours. "Je ne l’ai pas connu", dit l’un. "Son nom ne me dit rien", renchérit un autre. Natif de la province du Maniema, il semble que le défunt a "secouru" beaucoup de ses ex-frères d’armes au lendemain de l’entrée des "libérateurs" de l’AFDL à Kinshasa.

Dans son édition en ligne datée du mercredi 29 octobre, notre confrère kinois "La Prospérité" parle d’un "lâche assassinat" qu’il attribue dans un premier temps à la "pègre du banditisme et de Kinshasa" et dans un second temps à des "inciviques". Inciviques? Ne devrait-on pas plutôt parler de "terrorisme d’Etat"? "Plusieurs versions sur cet événement malheureux ont couru les rues", note le journal. Quelles sont ces versions? Pas un mot. Et d’ajouter que "les enquêtes sont en cours pour tenter d’identifier les malfrats, les arrêter afin qu’ils répondent de leur acte devant la justice". Rien n’est plus faux.

Il est assez symptomatique de constater que ce confrère qui se trouve sur le "terrain" soit resté muet sur un élément important relatif à la personnalité de la victime.

Selon des sources bien informées tant à Bruxelles qu’à Kinshasa et Lubumbashi, le colonel Moussa Amundala serait un proche parmi les proches de Mama Sifa Mahanya que l’on aime présenter comme étant la mère biologique de "Joseph Kabila". "C’est un cousin à Mama Sifa", assure la main sur le cœur une source. "Il jouait le rôle de son directeur de cabinet tout en s’occupant des questions sécuritaires", ajoute-t-elle. A en croire notre interlocutrice, depuis plusieurs années, "Sifa" entretiendrait des relations détestables avec "son" fils. Est-ce une raison suffisante pour infliger la mort au "bras droit" de la "veuve" de Mzee Laurent-Désiré Kabila?

Un habitant de Selembao que l’auteur de ces lignes a pu joindre dans la soirée de ce dimanche 1er novembre ne va pas par le dos de la cuillère. Il accuse carrément les "Bana Moura", l’un des surnoms donnés aux éléments de la garde prétorienne de "Joseph Kabila" dite "Garde républicaine". "Aux environs de 2 heures du matin, relate-t-il, cinq Jeeps à bord desquelles se trouvaient des "Bana Moura" sont arrivées devant l’habitation du colonel Amundala. La maison est aussitôt prise d’assaut. On a entendu un crépitement des balles suivi des pleurs. Les véhicules sont repartis moins de dix minutes après le forfait".

A en croire notre interlocuteur, le vol ne peut en aucun cas être le mobile du meurtre. "Les soldats n’étaient même pas encagoulés, peste-il. Ils avaient pour mission de tuer et repartir". Qui serait le commanditaire de crime? "Vous allez me rétorquer qu’on ne prête aux riches, dit-il. Il se raconte à Selembao que c’est Zoé Kabila qui s’est occupé des obsèques. L’inhumation a eu lieu en un temps record soit le mardi 28 octobre alors les devoirs d’enquête auraient exigé qu’on garde le corps à la morgue". Et d’ajouter : "Moussa Amundala avait l’habitude de confier à qui voulait l’entendre que c’est Joseph Kabila qui a ordonné l’assassinat du colonel Moustapha Ndala. Il lui arrivait également de confier que Mama Sifa n’est pas la mère du rais". Ces "confidences" seraient-elles arrivées aux oreilles du "raïs"?

Contrairement aux dires de notre confrère précité, une source proche de l’auditorat militaire à Kinshasa est formelle : "Aucune enquête n’est ouverte pour retracer les circonstances exactes de l’assassinat du colonel Moussa Amundala et identifier les auteurs du crime et le commanditaire".

L’exécution de cet officier rappelle celle survenue dans la nuit du 28 au 29 septembre 2003 à Binza-IPN. La victime s’appelle Steve Nyembo Mutamba, alors directeur des Ressources humaines aux Impôts (DGI). Accusé d’en être le commanditaire, l’ex-procureur Charles Alamba Mungako a toujours clamé son innocence. Il en est de même de Charles Dimoke. Ici aussi, des témoins sont formels :"L’opération a été menée par des éléments de la garde présidentielle qui avaient bouclé le quartier en envoyant balader des vigiles de Mamba protection venue à la rescousse de la famille Nyembo...".

Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2014

 

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